28 février 2007
Lettre ouverte à Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris.
Ne succombez pas à l'islamisme
Par Rachid ACHOUR, BABÈS Leïla, Rachid KACI, Abdelwahab MEDDEB, Mohamed SIFAOUI, QUOTIDIEN : mercredi 28 février 2007, six personnalités d'origine maghrébine *
Monsieur le recteur, vous avez choisi de poursuivre devant les tribunaux l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo pour avoir publié les caricatures danoises du prophète. Cette démarche a surpris tous ceux qui, comme nous, reconnaissaient en vous un homme de dialogue, digne représentant d'un islam ouvert qui a su concilier sa tradition avec les valeurs de la République. Nous vous écrivons dans l'espoir d'amener la Grande Mosquée de Paris, cette vénérable institution, à se détacher du Conseil français du culte musulman (CFCM), cette coalition hétérogène, ambiguë et finalement illégitime. Car, malgré la bénédiction des pouvoirs publics, il serait présomptueux d'affirmer que le CFCM représente l'islam de France. Les musulmans de ce pays refusent d'être réduits à l'unique dimension cultuelle et aux impératifs qu'elle commande. Nous n'acceptons pas cette vision identitaire et communautariste qui vise à distinguer les musulmans de France par leur seule appartenance confessionnelle, comme s'ils formaient un magma entre les mains du CFCM, une instance dont vous n'ignorez pas qu'elle se compose majoritairement d'organisations intégristes, constituant une minorité activiste mue par une stratégie qui a le dessein d'injecter le poison théologico-politique dans nos démocraties.
Nous nous interrogeons, monsieur le recteur, sur le rôle que vous jouez dans cette affaire : n'apportez-vous pas la caution de «modération» qui facilite la tâche aux séditieux qui avancent masqués pour adapter leur idéologie irrédentiste à la légalité démocratique ? Si vous voulez être en cohérence avec l'histoire de l'institution que vous représentez, vous devrez plutôt révéler et dénoncer cette interprétation exclusiviste et agressive de l'islam, tout à fait inconciliable avec la tradition pluraliste de la laïcité républicaine. Comment les musulmans de France qui cherchent dans leur majorité à promouvoir un islam adaptable aux Lumières, peuvent-ils se reconnaître à travers une instance où siègent des maximalistes disciples de prêcheurs vindicatifs et haineux, à l'instar de Youssef al-Qardaoui qui ne cesse de raviver la flamme du Djihad et d'autres dispositions d'un autre âge ?
Nous savons que, comme tout représentant de l'islam traditionnel, vous êtes l'otage de calculs politico-diplomatiques. Mais, ici en France, vous êtes en mesure de ne pas succomber aux renoncements qu'ailleurs ne manque pas de concéder l'islam officiel conciliant à l'égard de la propagande intégriste. Vous avez les moyens de vous affranchir de ces alliances malfaisantes afin d'élargir la voie à ceux qui, parmi nous, tiennent à soumettre l'islam à la critique destinée à le réorienter vers le dialogue et la liberté de pensée et à le détourner de tout ce qui le corrompt et le fige, à savoir l'intolérance, la superstition, l'obscurantisme, la censure, le fanatisme, sinon le crime.
Nous souhaiterions vous voir prendre cette main tendue à la barre par Philippe Val à la fin du procès de Charlie Hebdo : «J'invite le recteur à poursuivre ce débat dans les pages de Charlie Hebdo pour lutter ensemble contre la théorie du choc des civilisations et de l'inimitié programmée.»
Votre combat est aux côtés de ceux qui défendent les principes laïques et républicains, les valeurs humanistes et universelles, loin, très loin de ceux qui propagent la haine et la bêtise. L'islamisme est à l'islam ce qu'est l'extrême droite aux partis démocratiques. C'est ainsi qu'entre les deux tours de l'élection présidentielle de 2002, votre ami, Jacques Chirac avait déclaré à propos de l'éventualité d'un débat avec Jean-Marie Le Pen : «Il n'y a pas de débat possible ni de compromis possible avec l'extrême droite.» Nous espérons que vous vous approprierez une telle phrase ; comme nous voudrions vous entendre clamer : «Il n'y a pas de débat possible ni de compromis possible avec les islamistes du CFCM.»
*Signataires : Rachid Achour, militant associatif, Leïla Babès, sociologue militante associative, Messaoud Bouras, militant associatif, Rachid Kaci, membre de l'UMP, Abdelwahab Meddeb, philosophe et écrivain, Mohamed Sifaoui, journaliste et écrivain.
Source : Libération du 28 février 2007
21 février 2007
Joann Sfar dessine pour Charlie Hebdo
L'auteur du Chat du rabbbin publiera "Greffier" la veille du verdict
“7 et 8 février 2007. Je redeviens dessinateur de Charlie pour suivre le procès des caricatures de Mahomet. Je ne suis ni journaliste ni dessinateur de presse. Je voudrais prendre des notes d’auteur de bandes dessinées : rendre compte de l’intégralité des débats (…) Je suis fils d’avocat et ai eu la chance de fréquenter très tôt les prétoires. Je crois que c’est instructif, de raconter un procès du début à la fin.” Joann Sfar
Joann Sfar a assisté au procès de Charlie Hebdo pour dessiner et témoigner à travers un carnet de bord.
Le procès s’est tenu les 8 et 9 février dernier, Joann Sfar était présent durant les deux jours.
Il apporte avec son carnet de bord Greffier (éditions Delcourt), un témoignage exceptionnel de ce qui s’est déroulé.
Joann Sfar a choisi de rendre compte de cette histoire à la manière d’un témoin/auteur de bandes dessinées réalisant son livre en direct. Richard Malka, l’un des avocats de la défense a fait la préface du livre.
Sortie en librairie le 14 mars soit la veille du verdict.
18 février 2007
L'avis d'un penseur musulman
par Mohamed TALBI Historien et penseur musulman tunisien
Je suis musulman pratiquant, et ici même je me suis déjà exprimé au sujet des caricatures du Prophète. J’y reviens à l’occasion du procès en cours [intenté par la Mosquée de Paris et l’Union des organisations islamiques de France - UOIF - contre le journal Charlie Hebdo], pour dire que celui-ci n’aurait jamais dû avoir lieu. On ne doit jamais faire un procès à la liberté d’opinion et d’expression. Que les musulmans prennent garde qu’on n’étouffe un jour encore davantage leur liberté, déjà réduite à une peau de chagrin dans leurs pays, où on leur fait des procès d’opinion.
Et si l’on se mettait à appliquer le hukm al-ridda (la loi sur l’apostasie), combien de têtes mal pensantes faudrait-il trancher pour un sobriquet ?
Des sunnites tuent, dans les mosquées, en Irak, des chiites, et vice versa. Déjà des milliers de morts. Lesquels iront au paradis ? Lesquels iront en enfer ? Il faut poser la question aux oulémas salafistes. Ce sont eux qui ont fait de l’islam, religion de paix et de respect des droits de l’homme dans le Coran, une religion de terrorisme dans la charia. Le caricaturiste ne tue personne. Il dit, à sa manière, ce qu’il pense. Plume contre plume.
Source : Jeune Afrique
17 février 2007
Caroline Fourest sur Radio France
L'essayiste Caroline Fourest, qui collabore à Charlie Hebdo et a été citée comme témoin, a déploré la "confusion entre la critique de la religion et la critique de l'intégrisme". Selon elle, c'est par "solidarité" avec les dessinateurs danois menacés de mort, et par "devoir d'information" que le journal a choisi de publier les caricatures. "Nous les avons publiées avec un appareillage critique autour", a rappelé Philippe Val faisant allusion aux éclairages et commentaires parus avec les dessins. "On n'a que les stylos pour répondre à la menace et maintenant, on nous demande de poser nos stylos", a dénoncé Caroline Fourest.
http://www.radiofrance.fr/reportage/laune/?rid=330000100&arch=1
Communiqué du Parti Socialiste
Procès de “Charlie Hebdo” à la suite de la publication des caricatures de Mahomet Un hebdomadaire français, Charlie Hebdo, est poursuivi en justice pour avoir republié les caricatures de Mahomet, publié dans un journal danois. Le procès aura lieu les 7 et 8 février au tribunal de Grande Instance de Paris et le Premier Secrétaire du Parti socialiste y sera entendu comme témoin, cité par la défense de l’hebdomadaire.
Ce sera l’occasion pour lui de réaffirmer, au nom de tous les socialistes, quelques principes républicains simples :
- La laïcité, qui protège notamment la liberté de conscience, n’est pas un combat contre les religieux dont elle assure la liberté. C’est un combat contre les intégrismes, c’est-à-dire contre ceux qui n’acceptent pas que leur foi s’exprime dans le cadre des lois de la République. - La dénonciation de ces intégrismes, de tous les intégrismes religieux, ne peut pas et ne doit pas être réduite dans un amalgame insupportable à quelque « religionphobie » ou, pire, à quelque racisme que ce soit. Elle vise, au contraire, à conforter ceux qui vivent leur religion comme un engagement privé et comme des laïcs dans l’espace public.
La liberté d’expression et le droit de critique, comme la valeur de laïcité, ont besoin d’être réaffirmés avec solennité, dans un monde où la résistance aux fondamentalismes est un enjeu majeur.
Communiqué du Bureau National
Source : site de Prochoix dirigée par Caroline Fourest et Fiammetta Venner
Edito de Michel Noblecourt (Midi Libre)
"Le procès qui débute aujourd'hui devant le tribunal correctionnel de Paris n'aurait jamais dû avoir lieu. "Charlie Hebdo" est poursuivi par l'Union des organisations islamiques de France et la Grande Mosquée de Paris pour avoir publié, en février 2006, des caricatures déjà éditées dans un journal danois et mettant en scène le prophète Mahomet. Franchement, les caricatures au coeur de la polémique n'étaient pas très drôles, voire de mauvais goût. Mais les publier, comme Charlie Hebdo, qui avait rajouté des dessins de son cru, et d'autres, était un acte de liberté. N'en déplaise à 79 % des Français qui, selon un sondage TNS-Sofres pour Le Pèlerin, jugent "inacceptable" de se moquer publiquement d'une religion, le droit à l'impertinence, dans un pays qui défend la laïcité et les droits de l'Homme, peut s'exercer aussi à l'égard des religions. Les seules bornes à l'exercice de cette liberté sont celles de l'incitation à la haine, à la discrimination à l'égard des croyants en une religion ou tout propos qui blesserait les consciences. Tel n'était pas le cas avec ces dessins de Mahomet. Ce procès n'aurait jamais dû avoir lieu au pays de Voltaire, lui qui enseignait: 'Je ne suis absolument pas d'accord avec vous, mais je me battrai pour que vous puissiez vous exprimer. Une attitude qu'on appelle aussi tolérance'."
Source : site de Prochoix dirigée par Caroline Fourest et Fiammetta Venner
Procès Charlie Hebdo : Interview de Jeanne Favret-Saada
Ethnologue au CNRS, Jeanne Favret-Saada travaille sur le blasphème et a étudié notamment l'affaire Rushdie. Elle sort en mars un livre sur le caricatures de Mahomet, fruit d'une longue enquête au Danemark.
Comment la décision de publier ces dessins a-t-elle été prise ? En août 2005, le Jyllands-Posten quotidien conservateur, ndlr découvre plusieurs autocensures parmi les artistes, motivées par la peur de l'islamisme. Le journal monte une expérience in vivo et demande à des dessinateurs de dessiner Mahomet «comme ils le voient». Le dossier s'appelle «Les visages de Mahomet». Les articles sont très clairs sur le fait qu'ils s'en prennent aux imams islamistes, et pas aux musulmans. Un des dessins montre la tête de Mahomet coiffée d'une bombe : il est dénoncé comme la manifestation la plus claire d'islamophobie, alors que le dessinateur visait les justifications coraniques des poseurs de bombes.
Qui a instrumentalisé la crise ? Après la sortie des dessins, pendant quinze jours, la presse n'en parle pas. Un très petit groupe d'imams islamistes se mobilise autour d'Abou Laban, un Palestinien issu de la mouvance des Frères musulmans. Abou Laban tentait depuis 2003 de se faire reconnaître comme le leader des musulmans au Danemark. Avant la sortie des dessins, il avait signifié au journal l'existence d'un interdit sur la représentation du prophète, y compris par les non-musulmans ce qui avait renforcé la détermination du Jyllands-Posten. Dès la publication, une alliance extravagante se noue entre ce petit groupe et l'ambassade d'Egypte. Extravagante parce qu'Abou Laban ne peut pas mettre les pieds dans ce pays du fait de ses liens passés avec la Gamaat Islamiya, responsable d'un millier d'assassinats. Mais, en octobre 2005, l'Egypte entre en campagne législative et le pouvoir veut apparaître comme un meilleur défenseur de l'islam que les Frères musulmans, qui présentent des candidats. L'OCI, l'Organisation de la conférence islamique, adresse une lettre de protestation au Premier ministre danois, suivie par onze ambassadeurs de pays musulmans en poste à Copenhague.
Ces affaires se multiplient... Ces derniers mois, il y a eu coup sur coup trois affaires : la réaction indignée à la conférence de Benoît XVI à Ratisbonne, la déprogrammation d' Idomeneo à l'opéra de Berlin et les menaces contre le professeur Robert Redeker. A mon sens, l'affaire des dessins, bien que terminée à présent, marquait un début. D'abord parce que l'Union européenne s'est tue très longtemps. Ensuite, parce que la sortie de la crise, négociée par l'UE et l'ONU, s'est faite selon la stratégie de l'édredon : faire mine d'accepter les exigences impossibles de l'OCI (des lois antiblasphèmes, la censure de la presse) et, pour finir, ne rien lâcher. Or les Etats islamiques ont démontré à ce qu'ils appellent l'Occident séculier que toucher à ce qu'ils considèrent comme l'islam coûte cher : la reculade du Vatican après la conférence de Benoît XVI prouve que l'affichage de la colère musulmane est payant. A condition, bien sûr, de réussir une coalition.
Quelle différence notez-vous entre l'affaire Rushdie et celle-ci ? C'est le même problème aujourd'hui, mais nos réponses sont inverses. Nous, Européens, avons complètement changé de position en cas de conflit entre laïcité et religion, comme à propos de la liberté d'expression. A gauche comme à droite. Lors de la fatwa contre Rushdie, en 1989, il y avait une sorte d'unanimité pour en faire l'icône de la libre expression artistique. Cette fois, une partie de la gauche n'a cessé de reprocher au Jyllands-Posten sa «provocation raciste» contre les immigrés, avec l'idée que nous n'aurions que des minorités ethniques persécutées sans division interne et que nous devrions défendre en bloc. A droite, l'un des défenseurs de Rushdie au Danemark, ex-ministre des Affaires étrangères, a, cette fois, pris la défense des «musulmans offensés». Entre l'angélisme des uns et la politique d'accommodement des autres, les islamistes peuvent avancer leurs exigences.
Source : site de Prochoix dirigée par Caroline Fourest et Fiammetta Venner
Procès Charlie Hebdo : édito du Monde
Il y a des principes intangibles, aussi anciens que les combats qui ont permis à la France de devenir une démocratie respectueuse des libertés et des droits de l'homme. Dans un Etat laïque, aucune religion - comme aucune idéologie - n'est au-dessus des lois. Là où la religion fait la loi, on est proche du totalitarisme. Dans un Etat de droit, les personnes qui pratiquent une religion ne doivent pas être insultées ou faire l'objet de discriminations fondées sur leurs croyances. La laïcité ne se confond pas avec une quelconque "religionphobie".
Ce sont ces principes qu'il faut avoir à l'esprit au moment où va s'ouvrir, mercredi 7 février, le procès de Charlie Hebdo, poursuivi devant le tribunal correctionnel de Paris pour avoir publié, en février 2006, des caricatures de Mahomet, éditées à l'origine par un journal danois. L'affaire avait déclenché une violente polémique et des manifestations de colère dans les pays musulmans. La Grande Mosquée de Paris et l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) poursuivent l'hebdomadaire satirique pour trois dessins, dont l'un, publié en couverture et fait par Cabu, représentait Mahomet " débordé par les intégristes" et soupirant : "C'est dur d'être aimé par des cons."
Les avocats des plaignants se défendent de faire le procès de la liberté d'expression, fustigeant à travers les dessins incriminés "un message raciste qui assimile tout musulman à un terroriste islamique". Ils invoquent la loi, qui fixe effectivement des limites claires à la liberté d'expression (racisme et antisémitisme, notamment). Mais, en l'espèce, dans le dessin de Cabu, la distinction est sans ambiguïté entre islamistes en particulier et les musulmans en général.
L'exercice de la liberté d'expression suppose le respect de règles sans lesquelles la coexistence entre différentes communautés ethniques ou religieuses au sein d'une même société devient impossible. Mais le procès de Charlie Hebdo est celui d'un autre âge, d'un autre temps. Même si les plaignants n'invoquent pas cet argument, il faut avoir en mémoire que ce qui a déclenché la polémique, c'est la représentation du prophète Mahomet, qui, aux yeux de l'islam, est un blasphème. On est donc en présence d'une querelle obscurantiste.
Ce procès, dont aurait dû faire l'économie, sera toutefois utile s'il rappelle que la liberté d'expression ne saurait être encadrée par une police de la pensée. Comme les idéologies, les religions sont tout à fait respectables, mais elles ne peuvent être soustraites à l'analyse, à la critique, à la dérision. Des politiques, comme François Hollande et François Bayrou, des intellectuels, comme Taslima Nasreen, écrivain dont le roman publié au Bangladesh a entraîné une fatwa contre elle, viendront rappeler ces principes de base. Sans le respect desquels la France ne serait plus tout à fait une démocratie.
Source : Le Monde 8 février 2007
Procès Charlie Hebdo : Témoignage de François Bayrou
Pour le candidat de l'UDF à l'élection présidentielle :
"D'une certaine manière, ces caricatures épargnent le prophète, la flèche est dirigée vers ceux qui, en dérivant, trahissent son enseignement"
"Bien que considérant la conviction religieuse comme importante pour l'humanité, bien que considérant que ma conviction religieuse est importante pour ma vie, je me rangerai toujours aux côtés de ceux qui refusent l'atteinte à la liberté d'expression et défendent la liberté d'être acide"
Source : site de Prochoix dirigée par Caroline Fourest et Fiammetta Venner
Procès Charlie Hebdo : Sarkozy et le CFCM
En début de matinée, Nicolas Sarkozy a fait parvenir au tribunal une lettre soutenant Charlie Hebdo.
Il y a déclaré "Je préfère l'excès de caricatures à l'absence de caricature"
Il s'agit d'un soutien de façade. La politique que Nicolas Sarkozy mène depuis cinq ans est directement ou indirectement responsable de la situation dans laquelle nous nous trouvons.
En mariant de force l’islam conservateur de la Mosquée de Paris et l’islam radical de l’UOIF, en insitutionalisant ce groupe islamistes comme représentant un tiers de l’islam de France, en traitant systématiquement la question sociale sous l’angle cultuel, et maintenant en menaçant de modifier la 1905 pour financer directement de nouveaux lieux de culte, il représente à nos yeux l’un des dangers les plus graves pesant sur la laïcité aujourd’hui.
Quant à la liberté d’expression, la façon dont il a usé et abusé de sa fonction pour faire pression sur la presse rende surréaliste sa position de principe en faveur d’un « excès de caricature plutôt qu’un excès de censure ».
Ses déclarations en faveur de la laïcité et la liberté d’expression sont invalidées par la réalité de ces actions politiques, qui vont dans un sens opposés à ces valeurs.
En prenant connaissance de cette lettre le Abdallah Zekri, chargé de mission auprès du président du Conseil français du culte musulman (CFCM), a jugé "inadmissible" le soutien apporté par Nicolas Sarkozy à "Charlie Hebdo".
"Il n'est pas question d'accepter que le ministre des Cultes prenne une telle position! Il n'y a plus de neutralité", a dénoncé M. Zekri qui a demandé une "démission" du CFCM et que ses activités soient gelées jusqu'à l'élection du nouveau président de la République.
Source : site de Prochoix dirigée par Caroline Fourest et Fiammetta Venner
Lire également le livre "OPA sur l'islam de France" de Fiammetta Venner qui revient sur la création du CFCM : http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/Opa-sur-lislam-de-france-les-ambitions-de-luoif


