Soutenons Charlie Hebdo

01 avril 2007

Procès Charlie Hebdo : La Ligue islamique mondiale fait appel

La Ligue islamique mondiale, a annoncé vendredi qu'elle faisait appel de la relaxe prononcée en faveur de Charlie Hebdo.

L'Union des organisations islamiques de France (UOIF), l'organisation intégriste qui avait été élevée par Nicolas Sarkozy au rang de partenaire incontournable avait fait appel quelques jours auparavant.

Dans un communiqué la Ligue islamique mondiale délcare : "Il s'agit d'une question de principe, et la Ligue islamique mondiale (LIM) qui ne désespère aucunement des hiérarchies pense que les juridictions supérieures ne pourront faire deux poids et deux mesures dans les questions touchant aux injures raciales (...) En outre, la LIM veut se ménager l'accès vers la Cour européenne des Droits de l'Homme, en cas de déboutement généralisé par les cours françaises".

La mosquée de Paris, défendue par Maître Szpinner, avocat de Jacques Chirac et d'Omar Bongo, n'a pas fait appel.


Source : ProChoix

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28 mars 2007

Mon copain Charlie (par Nadia Amiri)

Charlie hebdo a gagné et voilà que j’ai envie de considérer Charlie comme un copain.

Mon copain Charlie donc, on ne le trouve pas sous les ors de la République mais c’est pourtant ma conception de la République qu’il a défendue. Mon copain Charlie il ne fait pas des salamalecs aux ambiguïtés, aux paradoxes, aux faux semblants. Mon copain Charlie n’utilise pas la laïcité comme un concept éthéré pour une auto promotion comme ceux qui, selon les tribunes, en ont une conception à géométrie variable. Mon copain Charlie quand il dit laïcité il n’y met pas des réserves inspirées par l’origine serait elle culturelle ou cultuelle.

Charlie défend un principe et c’est bien plus bien plus respectable que le consumérisme identitaire versus religion, de certains… pour émouvoir le landernau. Je veux parler de ceux qui utilisent leur affirmation républicaine et laïque à condition que... la Liberté de la presse soit sous condition.

Ceux qui mettent des mors aux cheval mythique ou mystique. Que ceux qui ont été choqué profitent de ce choc pour s’engager contre le code de la famille, contre les crimes d’honneurs contre le développement des mutilations sexuelles en Égypte. Oh je connais la réponse !!! Avec la violence retenue dans les mots.. pourquoi ces thèmes, parce que je suis musulman ? Eh bien oui !!! Par devoir par humanité pour la dignité de tous ceux et particulièrement pour toutes celles qui souffrent de ces pratiques et législation d’un autre âge.

Vous avez le droit de ne pas choisir Charlie comme copain mais sachez qu’en le défendant vous auriez apprit à lire à sentir à humer dans l’air du temps ce que la Liberté signifie quand elle va au bout de son essence même. La Liberté que vous revendiquez pour vous même, autorisez mon copain et ceux qui l’ont soutenu d’en bénéficier pour notre avenir commun. Champagne donc !!! l’être suprême s’il en est, partagera le pain, le vin, la boukha, le thé avec pignon, avec ceux qui font grandir la vision des religions en les laissant là où elles doivent se tenir, dans l’intimité : here it’s private !!! Dites cela à votre susceptibilité. Cela s’appelle défendre la laïcité sans déclinaison, sans inclinaison, sans voile.

Nadia Amiri Association Histoires de Mémoire

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La MRAP pluraliste se félicite de la victoire de Charlie hebdo

mrapNous, membres du Mrap qui avions déjà fait part de notre soutien au journal Charlie Hebdo, nous félicitons du verdict de relaxe rendu le 22 mars par le tribunal de grande instance de Paris.

En soulignant que, " dans une société laïque et pluraliste, le respect de toutes les croyances va de pair avec la liberté de critiquer toutes les religions, quelles qu'elles soient" et en rappelant que "le blasphème n'est pas interdit en France", ce verdict rend justice aux journalistes menacés ou sanctionnés pour leur liberté d'expression.

Nous nous félicitons du sage retrait, de la plainte déposée par le Mrap conte France-Soir, que nous demandions depuis de longs mois. Nous entendons perpétuer jusqu'à notre prochain congrès et au-delà, la défense des valeurs universalites et antiracistes qui sont à l’origine de la création du Mrap en 1949.

Mrap Pluraliste
Le 27 03 2007, Premiers signataires : Maya Vigier, Yves Loriette, Gérard Kerforn, Nadia Kurys, Bernard André, Bernard Jarry, Gianpiero Moro, Horiya Mekrelouf, Emmanuelle Le Chevallier, Renée Clergue, Frédérique Ferry, Danielle et Didier Poupardin, Christiane Lucas, Henri Saint Jean, Serge Goldberg, Philippe Youchenko, Anne Savignieux

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27 mars 2007

Les dessins de la colère

lemondefr_grdComment douze ridicules petites caricatures de Mahomet ont-elles pu mettre à feu et à sang le monde musulman, provoquer la mort de 140 personnes et occasionner des dizaines de millions d'euros de dégâts ? C'est à cette question qu'a voulu répondre Jeanne Favret-Saada, anthropologue et spécialiste des rituels religieux. Dans Comment produire une crise mondiale avec douze petits dessins, une rigoureuse reconstitution historique jette les bases de l'analyse.

A la fin des années 1960, le Danemark ouvre ses frontières à une main-d'oeuvre déqualifiée en provenance du Moyen-Orient. Des années durant, cette immigration ne pose aucun problème. Les premiers migrants font venir leur famille et s'installent définitivement. A partir des années 1980, force est de constater que les Orientaux ne deviennent pas des Scandinaves et qu'une frange importante de la population immigrée " s'enkyste dans des ghettos où elle perpétue les moeurs hyperconservatrices des pays d'origine ". Au Danemark comme partout ailleurs en Europe, des partis populistes partent en guerre contre cette immigration mal contrôlée.

Au moment où la société danoise s'interroge sur sa recomposition ethnique, la communauté musulmane est travaillée en sous-main par un quarteron d'imams palestiniens membres de la confrérie des Frères musulmans. Le premier ministre Fogh Rasmussen comprend assez vite que la non-intégration des musulmans devient un outil entre les mains de ces radicaux. Mais, faute de pouvoir réduire leur influence de manière autoritaire, il compose et dialogue avec eux. Il renforce alors leur audience à l'intérieur et leur influence à l'extérieur des frontières.

C'est dans ce contexte que le JyllandsPosten lance sans le savoir une bombe à retardement. Estimant que les élites culturelles danoises ont progressivement appris à se censurer vis-à-vis de l'Islam, le journal convainc douze caricaturistes d'imaginer le Prophète. Les dessins sont publiés, la mèche est allumée. Les imams qui tentaient depuis longtemps d'obtenir du gouvernement danois qu'il bride la liberté de la presse partent en guerre. Un dossier largement truqué sous le bras - les douze caricatures plus d'autres ignominieuses copiées-collées sur Internet -, ils entament un tour des capitales arabes. Au sein du monde musulman, des forces qui n'attendent qu'une occasion pour se déchaîner entrent en jeu. La palme de la manipulation revient au gouvernement égyptien. Soucieux de se construire une image de défenseur de la foi au détriment des Frères musulmans qui le menacent, le gouvernement égyptien trouve commode de lâcher la populace contre les symboles danois en Egypte. La Ligue arabe et la chaîne Al-Jazira prennent le relais ; les émeutes gagnent progressivement le Pakistan, l'Arabie saoudite, Gaza, la Libye et ailleurs.

C'est à ce stade que le livre de Jeanne Favret-Saada devient passionnant, car il détaille la réaction des Européens. La fermeté du gouvernement danois face à la violence, son extrême solitude tant les autres pays membre de l'Union sont rapides à prendre leurs distances ; la solidarité tardive des médias européens avec le JyllandsPosten - l'absence de solidarité en France - sont scrutés à la loupe.

Dans les semaines qui ont suivi la fin de la crise, le Danemark et les autres pays européens s'efforcent de renouer les liens avec les pays arabes. Partout, ils butent sur une colère intacte et toujours la même demande de " lutter contre l'islamophobie ". Face à cette exigence, aucun officiel européen n'ose jamais rétorquer que la liberté de penser et d'écrire n'est pas négociable. Pressés de normaliser les relations, les Européens agissent comme si l'affaire danoise n'avait été qu'un simple prurit. La dernière page tournée, le lecteur comprend, lui, qu'il a le choix entre l'autocensure... ou le conflit.

Yves Mamou, Le Monde, 27 mars 2007

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26 mars 2007

Cette victoire de Charlie Hebdo est la nôtre ! (par Didier Idjadi)

didieridjadiCher Philippe Val,

J’étais au tribunal les deux fois pour vous soutenir dans votre combat contre les intégrismes et pour la liberté d’expression. D’origine iranienne depuis longtemps je lutte contre l’islamisme car ce phénomène est un mal absolu pour la société et pour la liberté.

Les croyants (juif, chrétien, musulman ou autre) sont respectables dans leur foi. Mais l’intégrisme est l’ennemi de la démocratie et ne représente pas tous les croyants. L’intégrisme religieux est par nature intolérant et totalitaire et cherche la confiscation du pouvoir. L’islam politique soutenu par certains courants religieux propose, si possible impose un modèle de société caractérisée par la ségrégation et le rejet de l’autre. Les organisations intégristes qui ne sont pas encore au pouvoir représentent le même danger que les courants intégristes déjà au pouvoir. Ils cherchent à tuer la liberté. Donc on a le droit d’être vigilant et de défendre la laïcité, on a raison de dénoncer les barbus dans certains quartiers et d’être contre le port du voile dans les établissements. Oui on le devoir de critiquer toute idéologie et religion et de démontrer la complicité de certains élus de la République qui pour des raisons électoralistes ou proximité mentale, aident des intégristes et favorisent leur développement.

Cher Philippe, membre du parti des Verts, je suis choqué par la position exprimée par la porte parole du parti et en même temps en tant que membre de LEA je vous soutient. A sortie du tribunal rempli de joie j’ai pensé que votre victoire est une victoire pour la France et pour les personnes engagées dans la lutte contre l’obscurantisme et le totalitarisme. Oui vous pouvez compter sur nous ainsi que nous comptons sur vous.

Didier Idjadi Universitaire et Maire adjoint Vert (Bagnolet-93) 26 mars 2007

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25 mars 2007

Réaction de Philippe Val

philippevalLe directeur de publication de Charlie-Hebdo, Philippe Val, estime que le jugement du tribunal correctionnel constitue une bonne nouvelle pour les musulmans laïcs et républicains et pour ceux qui croient à la liberté d'expression.

Il ajoute que, si c'était à refaire, Charlie-Hebdo publierait à nouveaux ces caricatures.


Source : http://lcn.canoe.com/lcn/infos/lemonde/archives/2007/03/20070322-114026.html

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23 mars 2007

Charlie Hebdo relaxé : article de Libération

couv_liberationProcès Charlie: les caricatures de Mahomet relaxées

A l'énoncé du jugement, Philippe Val émet un sourire très maîtrisé. Son avocat, Richard Malka, l'embrasse. Le directeur de Charlie Hebdo donne à son tour l'accolade à son autre défenseur, Me Georges Kiejman. Des applaudissements fusent dans le prétoire et se poursuivent jusque dans l'escalier du Palais de justice de Paris. «Merci Philippe !» «Vive la liberté d'expression !» crient des partisans de l'hebdomadaire satirique venus en nombre, comme à chaque étape de ce feuilleton judiciaire.

A l'issue de quelques minutes d'audience, le président Jean-Claude Magendie a prononcé la relaxe et rejeté les demandes des parties civiles. En reproduisant les caricatures danoises de Mahomet qui avaient suscité des réactions violentes à travers le monde, en ajoutant en une son propre dessin signé Cabu, Charlie ne s'est pas rendu coupable d' «injures publiques» envers les musulmans.

Blasphème. «Dans une société laïque et pluraliste, le respect de toutes les croyances va de pair avec la liberté de critiquer les religions, quelles qu'elles soient», insistent les juges, tout en rappelant que le blasphème n'est plus réprimé en France. Ainsi n'y a-t-il rien de répréhensible dans le premier des trois dessins incriminés, celui de Cabu, montrant un prophète accablé d' «être aimé par des cons». «Si ce dernier terme constitue bien une expression outrageante, il ne vise que les intégristes expressément désignés dans le titre.» Même tarif concernant un Mahomet planté sur un nuage et refoulant les terroristes d'un : «Arrêtez, nous n'avons plus de vierges !» Il s'en prend aux attentats-suicides, non à l'islam. En revanche, le troisième croquis, représentant le Prophète coiffé d'une bombe, «apparaît en soi et pris isolément de nature à outrager l'ensemble des adeptes de cette foi ... en ce qu'il les assimile sans distinction ni nuance à des fidèles d'un enseignement de la terreur». Mais, aussi choquant soit-il, il doit être apprécié dans le «contexte» de l'époque, marqué par des manifestations violentes. Charlie Hebdo «a clairement revendiqué un acte de résistance à l'intimidation et de solidarité envers les journalistes menacés ou sanctionnés». Le journal n'a pas, selon les juges, cherché à «offenser» l'ensemble des musulmans, mais à apporter sa contribution à un «débat d'idées sur les dérives de certains tenants d'un islam intégriste» et «violent». Rarement dénouement judiciaire aura été si largement salué. A la sortie, Philippe Val n'est pas le seul à se déclarer «satisfait». Les avocats de la Grande Mosquée de Paris, pourtant à l'origine de la plainte, ceux-là mêmes qui l'accusaient un mois plus tôt de «racisme», lui font écho. Me Christophe Bigot salue un «bon jugement, car il fixe un certain nombre de bornes» . Et son collègue, Me Francis Szpiner, d'ajouter que «vraisemblablement» son client ne contestera pas en appel la décision, qualifiée d' «équilibrée». «Le tribunal a fait la même lecture que la nôtre, mais n'en a pas tiré les mêmes conséquences. Il a pris bien soin de dire que, dans un autre contexte, il aurait très certainement prononcé une condamnation.» A l'opposé, l'autre coplaignant, l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), dénonce par la voix de son président, Lhaj Thami Breze, un jugement «politique». «Oui, on va faire appel», lance ce dernier. Pour Me Kiejman, cette différence d'attitude prouve que le recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubaker, n'a engagé ce bras de fer que sous la pression de sa base. «Il doit même être content du résultat», estime-t-il.

Attitude munichoise. A la rédaction de Charlie Hebdo, on sable le champagne. Philippe Val, tout habité par sa lutte contre l'intégrisme islamiste, parle d'une «victoire européenne», d'une revanche après l'assassinat de Theo Van Gogh aux Pays-Bas, la déprogrammation d' Idomeneo de Mozart par l'opéra de Berlin ou l'absence de réactions aux attaques contre le Danemark et ses ambassades. «C'était une attitude munichoise», lance Philippe Val. Un combat «loin d'être gagné», selon sa journaliste Caroline Fourest, citant une enquête de Pèlerin Magazine montrant que 82 % des 18-24 ans trouvent inacceptable et raciste de rire de la religion en public : «La leçon qu'on a tirée de ce débat, c'est la nécessité de tout reprendre à zéro.» Le journal a bien l'intention de continuer à rire de l'islam, comme des autres croyances. «Et, rappelle Me Malka, on sait bien que Charlie a traité très durement la religion catholique.» A bon entendeur.

Christophe Boltanski, Libération, 23 mars

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Charlie Hebdo au salon du Livre

salondulivreCharlie Hebdo et l’affaire des caricatures. Date : le 23/03 de 19h30 à 21h00 Type : Rencontre, Conférence, Débat Lieu : Salle Tagore Thème : Média Organisé par : Charlie Hebdo

Description Les dessinateurs réagissent en direct via la rétro-projection de leurs dessins sur écran.

Avec Philippe Val, Cabu, Caroline Fourest, Charb, Luz, Riss, Tignous, Jul., Honoré, Wolinski, Catherine, Oncle Bernard…

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Caricatures: relaxe pour "Charlie-Hebdo"

charlie_hebdo_petitLe tribunal correctionnel de Paris a débouté jeudi les organisations musulmanes qui poursuivaient "Charlie-Hebdo" pour "injure envers un groupe de personnes en raison de sa religion" à la suite de la publication de caricatures de Mahomet en février 2006. Une décision saluée par une salve d'applaudissements d'un public acquis à la cause de l'hebdomadaire satirique.

"On est content pour nous et pour vous. On va pouvoir faire notre métier", a réagi Philippe Val, directeur de publication de "Charlie-Hebdo", à l'issue de ce jugement de la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris.

"C'est une bonne nouvelle pour les musulmans laïcs et républicains. C'est une bonne nouvelle pour ceux qui croient à la liberté d'expression", a-t-il ajouté en estimant que si c'était à refaire, "Charlie-Hebdo" publierait à nouveaux ces caricatures.

Trois dessins du numéro spécial de ce journal consacré aux caricatures de Mahomet étaient poursuivis par deux composantes du Conseil français du culte musulman (CFCM), la Grande mosquée de Paris et l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), rejointes par la Ligue islamique mondiale.

Le dessin en "une", réalisé par Cabu, représente, sous le titre "Mahomet débordé par les intégristes", un prophète soupirant: "C'est dur d'être aimé par des cons"; le deuxième montre le prophète coiffé d'un turban sur lequel est inscrit le premier pilier de l'Islam ("Il n'y a qu'un seul dieu et Mahomet est son prophète") et d'où sort la mèche d'une bombe; le troisième montre Mahomet sur un nuage accueillant des terroristes en leur disant: "Arrêtez, arrêtez, nous n'avons plus de vierges". Ces deux derniers dessins avaient été initialement publiés par le quotidien danois "Jyllands-Posten".

Mes Francis Szpiner et Christophe Bigot, avocats de la Grande Mosquée de Paris, ont annoncé qu'ils ne feraient "vraisemblablement pas appel". En revanche, Lhaj Thami Breze, président de l'UOIF, a annoncé une volonté contraire. "La justice ne nous a pas satisfait", a-t-il dit.

Le tribunal a jugé que le dessin de Cabu ne visait "que les intégristes", ceux-ci ne pouvant "se confondre avec l'ensemble des musulmans". Idem pour celui du prophète accueillant les candidats au martyre. Si cette caricature "évoque clairement les attentats-suicides par certains musulmans", elle "n'assimile pas Islam et commissions d'actes de terrorisme".

Si le dernier dessin peut être considéré comme "choquant, voire blessant (...) pour la sensibilité des musulmans", le tribunal a considéré qu'il faut le replacer dans le contexte du numéro spécial édité par "Charlie-Hebdo". Cette caricature, loin d'offenser les musulmans, participe "du débat public d'intérêt général né au sujet des dérives des musulmans qui commettent des agissements criminels en se revendiquant de cette religion".

Philippe Val encourait six mois d'emprisonnement et 22.500 euros d'amende. Le ministère public avait requis sa relaxe.


Source : Le Nouvel Observateur du 22 mars 2007

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Charlie Hebdo a été relaxé

couv_charlie_procesL'hebdomadaire, qui avait publié des caricatures du prophète en février 2006, était poursuivi par des organisations musulmanes. L'UOIF interjette appel.

Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé, jeudi 22 mars, Philippe Val, directeur de publication de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, poursuivi pour avoir publié des caricatures de Mahomet considérées comme injurieuses pour les musulmans. Lors de l'audience, le représentant du ministère public avait requis la relaxe de Philippe Val, jugé pour "injure publique envers un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une religion".
La Grande mosquée de Paris, l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), composantes du Conseil français du culte musulman, auxquelles s'est jointe la Ligue islamique mondiale, poursuivaient trois dessins publié en février 2006 par Charlie Hebdo. Peu après l'annonce du verdict, l'UOIF a annoncé son intention d'interjeté appel.
Celui de "Une", réalisé par Cabu, représente, sous le titre "Mahomet débordé par les intégristes", un prophète soupirant: "C'est dur d'être aimé par des cons"; le deuxième montre le prophète coiffé d'un turban sur lequel est inscrit le premier pilier de l'Islam ("Il n'y a qu'un seul dieu et Mahomet est son prophète") et d'où sort la mèche d'une bombe; le troisième montre Mahomet sur un nuage accueillant des terroristes en leur disant: "Arrêtez, arrêtez, nous n'avons plus de vierges". Les deux dernières caricatures avaient été commandées et publiées par le quotidien danois Jyllands-Posten.

Amalgame

Les avocats des organisations musulmanes ont affirmé, sans paraître pour autant convaincus, que ces caricatures faisaient l'amalgame entre islam et terrorisme.
La défense de Charlie Hebdo a fait de ce procès celui de la liberté d'expression et de la laïcité, faisant citer de nombreux témoins comme François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste, ou François Bayrou, président de l'UDF et candidat à l'élection présidentielle.
Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur et des cultes, s'est invité dans le débat en adressant à la défense de Charlie Hebdo une lettre de soutien, lue à l'audience, au grand dam du CFCM.
"Si l'on n'a plus le droit de rire des terroristes, que reste-t-il comme arme au citoyen?", s'était interrogé à l'audience Philippe Val, directeur de publication de Charlie Hebdo, qui encourt six mois d'emprisonnement et 22.500 euros d'amende.

Le Jyllands-Posten satisfait

De son côté, le Jyllands-Posten - quotidien danois qui avait publié le premier des caricatures de Mahomet - s'est félicité jeudi du jugement de la justice française. Dans un communiqué sur le site internet du quotidien Jyllands-Posten, le rédacteur en chef du journal, Carsten Juste, a estimé que "rien de moins qu'un acquittement complet aurait été une catastrophe pour la liberté d'expression et la fondation entière de notre société démocratique".
"Il a surtout été très réjouissant de constater que les intellectuels français de tous les horizons politiques ont soutenu sans hésitation le principe de la liberté d'expression", a ajouté Carsten Juste.


Source : Le Nouvel Observateur du 22 mars 2007

Posté par charliehebdo à 14:00 - - Permalien [#]

22 mars 2007

Relaxés !

Le tribunal correctionnel de Paris vient de relaxer Charlie Hebdo, poursuivi pour avoir publié des caricatures de Mahomet.

Jean-Claude Magendie, a estimé que les caricatures mises en cause par la Grande mosquée de Paris, la Ligue islamique mondiale et l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) ne constituaient pas une injure vis-à-vis de la communauté musulmane.

Les juges ont estimé que les caricatures relevaient de la liberté d'expression et ne s'en prenaient pas à l'islam mais aux intégristes.

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Et si Charlie Hebdo était condamné ? (par Jeanne Favret-Saada)

charlie_hebdo_petitLe 22 mars 2007, le Tribunal de Grande Instance de Paris rendra son verdict dans le procès intenté à Charlie Hebdo par la Grande Mosquée de Paris, l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF), et la Ligue islamique mondiale. L’hebdomadaire a été assigné pour « injures envers un groupe de personnes en raison de l’appartenance religieuse », autrement dit pour racisme anti-musulman. Sur les douze dessins danois que Charlie avait republiés le 8 février 2006, deux seulement sont incriminés, ceux qui évoquent le terrorisme islamique. Ainsi qu’une caricature de Cabu, qui a fait la une du journal français : titrée « Mahomet débordé par les intégristes », elle montre un prophète accablé, marmonnant « C’est dur d’être aimé par des cons… »

Normalement, le tribunal devrait prononcer la relaxe. D’abord, parce que la justice danoise a déjà rendu trois décisions à propos des dessins du Jyllands-Posten : ils n’insultent ni l’islam ni les musulmans. Ensuite, parce que la caricature de Cabu vise clairement les intégristes et non les musulmans. Enfin, parce que lors du procès de Charlie, le 8 février 2007, le ministère public lui-même a demandé la relaxe de l’hebdomadaire au nom de la liberté d’opinion.

Restent pourtant deux motifs d’inquiétude à l’approche du verdict. D’une part, le président du Tribunal, Jean-Claude Magendie, a tenu à juger lui-même l’affaire de Charlie : or il avait naguère condamné la société Marithé et François Girbaud pour avoir détourné la Cène de Léonard de Vinci à des fins commerciales. D’autre part, la Grande Mosquée de Paris (favorable à la laïcité française jusqu’il y a peu) figure parmi les plaignants avec deux associations notoirement islamistes, l’UOIF et la Ligue islamique mondiale — grand argentier de la propagande wahhabite. (Pourquoi ce dévoiement de la Grande Mosquée ? Six intellectuels et militants associatifs nés dans l’islam ont récemment écrit une lettre ouverte à son recteur, Dalil Boubaker, qui ne paraît pas leur avoir répondu. Cf. Libération du 28 février.)

Le 22 mars prochain, verrons-nous le président Magendie classer comme un délit « raciste » l’atteinte à la « sensibilité religieuse blessée » des plaignants ? S’interrogera-t-il sur leurs visées politiques, comme sur celles des imams danois dont les protestations ont déclenché l’affaire en 2005 ? Les considèrera-t-il comme les représentants légitimes de « communautés musulmanes » de France et du Danemark, et comme les porte-paroles d’une colère « populaire » ?

Ce serait faire une lecture absolument fautive des faits. D’une part, au Danemark, en France et, de façon plus générale en Europe, on n’a vu nulle part de foules de « musulmans à la sensibilité blessée », seulement quelques poignées d’activistes (sauf en Grande-Bretagne, où l’islamisme a pignon sur rue). D’autre part, les instigateurs musulmans du drame ont été, tous, des gens qui se déclaraient « modérés ».

En premier lieu, le petit groupe d’imams danois, issu du Moyen-Orient et lié aux Frères Musulmans d’Egypte, qui luttait depuis deux ans déjà pour être reconnu par l’Etat comme le leader naturel de la « communauté ». (Un reportage de Mohamed Sifaoui pour Envoyé spécial, en mars 2006, a toutefois montré que ces « modérés » verraient d’un bon œil l’assassinat de leurs adversaires politiques.)

Ensuite, des gouvernements de pays majoritairement musulmans et leurs organisations transnationales, qui ont soutenu la protestation de leurs coreligionnaires danois contre le Jyllands-Posten et le cabinet Rasmussen, et porté leur plainte devant les instances internationales. Or certains de ces Etats, à commencer par l’Egypte ou la Turquie, ont en principe des constitutions qui séparent la religion de la politique ; tous sont des alliés de l’Union Européenne (la Turquie souhaite même y adhérer). De même pour l’Organisation de la Conférence Islamique et pour la Ligue Arabe, qui ne cessent de négocier des accords internationaux dans le cadre de l’ONU et de l’UE.

Enfin, des religieux « modérés » ont joué un rôle essentiel : le cheikh Yussuf al Qaradawi, président du Conseil européen de la Fatwa, président de l’Union internationale des oulémas musulmans, et prédicateur à la TV Al-Jazira (il est aussi le maître à penser de notre UOIF) ; le cheikh Tantaoui de l’université Al Azhar, ou le mufti Ali Gomaa au Caire, que les jihadistes accusent de s’être vendus au despote égyptien.

Tous ces « modérés » ont donc estimé absolument normal d’organiser cette énorme explosion dans laquelle, après quatre mois d’efforts, ils ont réussi à jeter les foules des pays musulmans – lesquelles n’ont en général jamais vu les dessins et ont été abreuvées de fables insensées. Ils ont réussi à entraîner dans le mouvement des gouvernements en conflit avec l’Europe (l’Iran) et des groupes jihadistes (mais assez tard, et ils semblent s’être contentés de lancer des fatwas).

Supposons donc que le président du Tribunal d’instance, Jean-Claude Magendie, fasse droit à la demande de la Grande Mosquée de Paris, de l’UOIF, et de la Ligue islamique mondiale. Les trois caricatures incriminées seraient alors des faits de racisme anti-« musulman », et non des critiques de l’intégrisme ou du terrorisme musulman. Les plaignants — et donc, du même coup, les imams danois et la longue suite d’autorités « modérées » qui ont réussi à mettre sur pied cette crise mondiale – remporteraient une victoire de plus : prouver au monde que critiquer l’islamisme, c’est critiquer l’islam. Et que c’est un délit raciste.

FAVRET-SAADA Jeanne

Jeanne Favret-Saada est l’auteure de "Comment produire une crise mondiale avec douze petits dessins" (Février 2005, Les Prairies ordinaires).

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article5456

jeudi 22 mars 2007

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Caricatures: relaxe pour "Charlie-Hebdo"

charlie_hebdo_haut_couvLe tribunal correctionnel de Paris a débouté jeudi les organisations musulmanes qui poursuivaient "Charlie-Hebdo" pour "injure envers un groupe de personnes en raison de sa religion" à la suite de la publication de caricatures de Mahomet en février 2006. Une décision saluée par une salve d'applaudissements d'un public acquis à la cause de l'hebdomadaire satirique.

"On est content pour nous et pour vous. On va pouvoir faire notre métier", a réagi Philippe Val, directeur de publication de "Charlie-Hebdo", à l'issue de ce jugement de la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris.

"C'est une bonne nouvelle pour les musulmans laïcs et républicains. C'est une bonne nouvelle pour ceux qui croient à la liberté d'expression", a-t-il ajouté en estimant que si c'était à refaire, "Charlie-Hebdo" publierait à nouveaux ces caricatures.

Trois dessins du numéro spécial de ce journal consacré aux caricatures de Mahomet étaient poursuivis par deux composantes du Conseil français du culte musulman (CFCM), la Grande mosquée de Paris et l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), rejointes par la Ligue islamique mondiale.

Le dessin en "une", réalisé par Cabu, représente, sous le titre "Mahomet débordé par les intégristes", un prophète soupirant: "C'est dur d'être aimé par des cons"; le deuxième montre le prophète coiffé d'un turban sur lequel est inscrit le premier pilier de l'Islam ("Il n'y a qu'un seul dieu et Mahomet est son prophète") et d'où sort la mèche d'une bombe; le troisième montre Mahomet sur un nuage accueillant des terroristes en leur disant: "Arrêtez, arrêtez, nous n'avons plus de vierges". Ces deux derniers dessins avaient été initialement publiés par le quotidien danois "Jyllands-Posten".

Mes Francis Szpiner et Christophe Bigot, avocats de la Grande Mosquée de Paris, ont annoncé qu'ils ne feraient "vraisemblablement pas appel". En revanche, Lhaj Thami Breze, président de l'UOIF, a annoncé une volonté contraire. "La justice ne nous a pas satisfait", a-t-il dit.

Le tribunal a jugé que le dessin de Cabu ne visait "que les intégristes", ceux-ci ne pouvant "se confondre avec l'ensemble des musulmans". Idem pour celui du prophète accueillant les candidats au martyre. Si cette caricature "évoque clairement les attentats-suicides par certains musulmans", elle "n'assimile pas Islam et commissions d'actes de terrorisme".

Si le dernier dessin peut être considéré comme "choquant, voire blessant (...) pour la sensibilité des musulmans", le tribunal a considéré qu'il faut le replacer dans le contexte du numéro spécial édité par "Charlie-Hebdo". Cette caricature, loin d'offenser les musulmans, participe "du débat public d'intérêt général né au sujet des dérives des musulmans qui commettent des agissements criminels en se revendiquant de cette religion".

Philippe Val encourait six mois d'emprisonnement et 22.500 euros d'amende. Le ministère public avait requis sa relaxe.


Source : Le Nouvel Observateur du 22 mars 2007

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08 mars 2007

Un livre sur douze dessins et beaucoup de mauvaise foi (par Pierre Cassen)

Jeanne_Favret_SaadaComment produire une crise mondiale avec douze petits dessins de Jeanne Favret-Saada

Editions Les Prairies ordinaires

168 pages, 15 euros

Jeanne Favret-Saada était présente, à la tribune, aux journées internationales laïques de Montreuil, le 10 février dernier. L'histoire des caricatures danoises est aujourd'hui bien connu, notamment le décalage de date entre la crise, les ambassades brûlées et les morts (janvier-février 2006), et la publication des caricatures (30 septembre 2005).

Chacun connaît plus ou moins le rôle de certains imams radicaux danois, membre du " comité européen pour la défense du prophète ", qui, en amenant des faux grossiers au Caire (notamment un musulman en prière en train de se faire sodomiser par un gros chien, et un visage d'homme avec un groin de cochon, sensé représenté le Prophète), ont radicalisé volontairement la situation, contre le pays qui les a accueillis, le Danemark.

L'ampleur des pressions auprès de l'ONU de l'OCI (Organisation de la conférence islamique) et celles de la Ligue islamique mondiale (qui portera plainte plus tard, en compagnie de Boubakeur et de l'UOIF contre Charlie Hebdo) sont fort bien démontrées.

L'intérêt politique de plusieurs gouvernements, en proie à des difficultés internes, était de faire une diversion en mobilisant l'opinion contre le gouvernement danois, l'Occident et les Etats-Unis (alors que le petit pays européen a été longtemps laissé seul, abondonné par l'Union européenne, l'Onu et les Etats-Unis).

L'ouvrage se livre à un rappel historique fort utile sur l'histoire de l'immigration, des années 1960 à aujourd'hui, les axes de l'extrême droite, les réponses de la droite conservatrice et de la gauche, mais aussi les pressions incessantes des imams contre le pouvoir politique. Mais son intérêt réside plutôt dans le dénouement de cette affaire, et dans les personnages clés qu'on y rencontre.

Un personnage essentiel du livre est Naser Khader, député du Parti radical danois (centre gauche) depuis 2001, réélu en 2005, et fondateur en 2006 du Réseau des Musulmans Démocrates. Né en 1963 à Damas, fils d'un palestinien venu au Danemark en 1974, il milite rapidement dans les quartiers pour l'égalité des sexes, pour l'intégration, et contre les mariages arrangés. Il s'inquiète rapidement de la montée de l'antisémitisme chez les jeunes palestinien réfugiés au Danemark et entend, dans ses discours, séparer le religieux du politique.

Tout au long de la crise, il tiendra tête aux imams radicaux, et lui aussi exigera des excuses de la part des dictatures islamistes qui insultent son pays, le Danemark, et la majorité des musulmans, les jugeant incapables d'apprécier l'humour sur la religion.

On regrette de ne pas davantage connaître Kaare Bluitgen, car c'est à cause de lui que tout est arrivé. Ce militant issu de l'extrême gauche tiers-mondiste vit depuis trente ans dans un quartier d'immigration, où résident de nombreux réfugiés palestiniens. Ses convictions ne l'empêchent pas de raconter que ses enfants, à l'école, sont souvent malmenés par les gamins d'origine étangère, ni de constater les conséquences de la montée de l'islamisme dans la vie de son quartier. Cela lui vaut bien sûr d'être excommunié par ses camarades, qui pensent qu'avec un tel discours, il doit être qualifié de " traître gagné par les idées d'extrême droite ". Ne se laissant pas démonter, Kaare Bluitgen, en 2005, pour favoriser l'intégration, décide de publier un livre retraçant la vie de Mahomet. Il cherche pour cela des dessinateurs, mais n'en trouve pas. Il paraît qu'il est interdit de dessiner le prophète, et tous ont peur des menaces distillées par les islamistes, dans un contexte, chez le voisin hollandais, où Theo Van Gogh a été assassiné un an plus tôt, tandis qu'Ayaan Hirsi Ali vit sous haute protection policière.

C'est cette situation qui pousse quelques journalistes du Jyllands Posten et chef de rubrique, Flemming Rose, à proposer aux quarante membres du syndicat des illustrateurs de presse de dessiner Mahomet comme ils le voient. Avec les conséquences disproportionnées que l'on connaît...

Notre ami Mohamed Sifaoui sera l'auteur d'un reportage, publié conjointement au Danemark et sur France 2, qui fera date, le 23 mars 2006. Muni de deux caméras, dont une cachée, il piègera les imams radicaux, démasquant leur discours officiel (devant la caméra) et leur vrai discours (qu'ils croyaient off). L'un d'eux, parlant de Naser Khader, dira : " S'il devient ministre de l'immigration et de l'intégration, ne faudrait-il pas que deux mecs aillent le voir pour l'exploser, lui et son ministère ? ".

L'auteur se veut optimiste, sur la fin, en montrant que les imams radicaux, trahis par leurs doubles discours, sont désavoués par la majorité de la communauté musulmane danoise. Elle fonde beaucoup d'espoir sur le rôle d'un Naser Khader, dont le programme est de " souder les musulmans autour des citoyens danois, sur des valeurs communes ". Pour lui, quand cela sera fait, " le Danemark n'aura plus besoin de Musulmans démocrates, il ne restera que des démocrates ".

En attendant, Naser Khader, depuis cette affaire, vit vingt-quatre heures sur vingt-quatre sous haute protection policière. Comme Mohamed Sifaoui, comme Ayaan Hirsi Ali, et comme beaucoup qui ont le courage d'affronter le fascisme islamiste.

Et le 22 mars prochain (nouvelle date définitive), nous aurons le verdict du procès intenté par les censeurs islamistes contre Charlie Hebdo, à la suite de la publication de ces caricatures, et du dessin de Cabu.

Pierre Cassen


Source : Respublica

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28 février 2007

Lettre ouverte à Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris.

liberationNe succombez pas à l'islamisme

Par Rachid ACHOUR, BABÈS Leïla, Rachid KACI, Abdelwahab MEDDEB, Mohamed SIFAOUI, QUOTIDIEN : mercredi 28 février 2007, six personnalités d'origine maghrébine *

Monsieur le recteur, vous avez choisi de poursuivre devant les tribunaux l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo pour avoir publié les caricatures danoises du prophète. Cette démarche a surpris tous ceux qui, comme nous, reconnaissaient en vous un homme de dialogue, digne représentant d'un islam ouvert qui a su concilier sa tradition avec les valeurs de la République. Nous vous écrivons dans l'espoir d'amener la Grande Mosquée de Paris, cette vénérable institution, à se détacher du Conseil français du culte musulman (CFCM), cette coalition hétérogène, ambiguë et finalement illégitime. Car, malgré la bénédiction des pouvoirs publics, il serait présomptueux d'affirmer que le CFCM représente l'islam de France. Les musulmans de ce pays refusent d'être réduits à l'unique dimension cultuelle et aux impératifs qu'elle commande. Nous n'acceptons pas cette vision identitaire et communautariste qui vise à distinguer les musulmans de France par leur seule appartenance confessionnelle, comme s'ils formaient un magma entre les mains du CFCM, une instance dont vous n'ignorez pas qu'elle se compose majoritairement d'organisations intégristes, constituant une minorité activiste mue par une stratégie qui a le dessein d'injecter le poison théologico-politique dans nos démocraties.

Nous nous interrogeons, monsieur le recteur, sur le rôle que vous jouez dans cette affaire : n'apportez-vous pas la caution de «modération» qui facilite la tâche aux séditieux qui avancent masqués pour adapter leur idéologie irrédentiste à la légalité démocratique ? Si vous voulez être en cohérence avec l'histoire de l'institution que vous représentez, vous devrez plutôt révéler et dénoncer cette interprétation exclusiviste et agressive de l'islam, tout à fait inconciliable avec la tradition pluraliste de la laïcité républicaine. Comment les musulmans de France qui cherchent dans leur majorité à promouvoir un islam adaptable aux Lumières, peuvent-ils se reconnaître à travers une instance où siègent des maximalistes disciples de prêcheurs vindicatifs et haineux, à l'instar de Youssef al-Qardaoui qui ne cesse de raviver la flamme du Djihad et d'autres dispositions d'un autre âge ?

Nous savons que, comme tout représentant de l'islam traditionnel, vous êtes l'otage de calculs politico-diplomatiques. Mais, ici en France, vous êtes en mesure de ne pas succomber aux renoncements qu'ailleurs ne manque pas de concéder l'islam officiel conciliant à l'égard de la propagande intégriste. Vous avez les moyens de vous affranchir de ces alliances malfaisantes afin d'élargir la voie à ceux qui, parmi nous, tiennent à soumettre l'islam à la critique destinée à le réorienter vers le dialogue et la liberté de pensée et à le détourner de tout ce qui le corrompt et le fige, à savoir l'intolérance, la superstition, l'obscurantisme, la censure, le fanatisme, sinon le crime.

Nous souhaiterions vous voir prendre cette main tendue à la barre par Philippe Val à la fin du procès de Charlie Hebdo : «J'invite le recteur à poursuivre ce débat dans les pages de Charlie Hebdo pour lutter ensemble contre la théorie du choc des civilisations et de l'inimitié programmée.»

Votre combat est aux côtés de ceux qui défendent les principes laïques et républicains, les valeurs humanistes et universelles, loin, très loin de ceux qui propagent la haine et la bêtise. L'islamisme est à l'islam ce qu'est l'extrême droite aux partis démocratiques. C'est ainsi qu'entre les deux tours de l'élection présidentielle de 2002, votre ami, Jacques Chirac avait déclaré à propos de l'éventualité d'un débat avec Jean-Marie Le Pen : «Il n'y a pas de débat possible ni de compromis possible avec l'extrême droite.» Nous espérons que vous vous approprierez une telle phrase ; comme nous voudrions vous entendre clamer : «Il n'y a pas de débat possible ni de compromis possible avec les islamistes du CFCM.»

*Signataires : Rachid Achour, militant associatif, Leïla Babès, sociologue militante associative, Messaoud Bouras, militant associatif, Rachid Kaci, membre de l'UMP, Abdelwahab Meddeb, philosophe et écrivain, Mohamed Sifaoui, journaliste et écrivain.


Source : Libération du 28 février 2007

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21 février 2007

Joann Sfar dessine pour Charlie Hebdo

greffierL'auteur du Chat du rabbbin publiera "Greffier" la veille du verdict

“7 et 8 février 2007. Je redeviens dessinateur de Charlie pour suivre le procès des caricatures de Mahomet. Je ne suis ni journaliste ni dessinateur de presse. Je voudrais prendre des notes d’auteur de bandes dessinées : rendre compte de l’intégralité des débats (…) Je suis fils d’avocat et ai eu la chance de fréquenter très tôt les prétoires. Je crois que c’est instructif, de raconter un procès du début à la fin.” Joann Sfar

Joann Sfar a assisté au procès de Charlie Hebdo pour dessiner et témoigner à travers un carnet de bord.
Le procès s’est tenu les 8 et 9 février dernier, Joann Sfar était présent durant les deux jours.
Il apporte avec son carnet de bord Greffier (éditions Delcourt), un témoignage exceptionnel de ce qui s’est déroulé.

Joann Sfar a choisi de rendre compte de cette histoire à la manière d’un témoin/auteur de bandes dessinées réalisant son livre en direct. Richard Malka, l’un des avocats de la défense a fait la préface du livre.

Sortie en librairie le 14 mars soit la veille du verdict.

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20 février 2007

Les errements actuels de la mosquée de Paris (par Audrey Baudeau)

mosqueeparisEdifiée pour rendre hommage aux dizaines de milliers de soldats musulmans morts " pour la France " durant la Première Guerre Mondiale, la Mosquée de Paris, de 1922 à 1926, est construite aux frais de l'Etat, ne l'oublions pas. Lorsque Edouard Herriot, fervent laïque, est interrogé à la Chambre des députés, il ne cesse à cette époque de défendre cet hommage à rendre aux amis musulmans parce qu'il différenciait l'aspect culturel de l'aspect politique. S'il se battait contre le cléricalisme notamment en Alsace et en Moselle parce qu'il s'opposait à l'instrumentalisation politique de la religion, à la quête du pouvoir par Dieu, en revanche il n'avait rien contre la religion et la culture musulmanes.

La Mosquée de Paris a connu des jours plus tolérants qu'aujourd'hui. Pendant l'occupation de la France par l'Allemagne nazie, elle servait de lieu de résistance pour les musulmans vivant en France mais également pour de nombreuses familles juives.

Comment peut-on oublier à ce point son histoire ? Comment la Mosquée de Paris peut-elle faire des procès à des laïques qui, en d'autres temps, ont voulu et permis son existence ?

Bien sûr ceci est une autre histoire ; à cette époque, la France se devait en quelque sorte d'avoir des gestes de sympathie envers " ses frères musulmans ". Mais l'important à retenir c'est l'intelligence qui consiste à ne pas faire d'amalgame, à savoir distinguer.

En son temps, Edouard Herriot a su distinguer le cléricalisme, la quête du pouvoir par la religion d'un côté et la culture, la foi d'un autre côté. Aujourd'hui, la Mosquée de Paris devrait savoir distinguer, d'un côté, l'humour, l'esprit critique, la liberté d'expression d'un journal envers des intégristes assassins (n'oublions pas qu'il s'agit de se moquer de fanatiques religieux qui appellent au meurtre) et de l'autre, des propos racistes envers une communauté religieuse (Charlie Hebdo n'insulte pas gratuitement l'ensemble des musulmans).

Question du jour : représenter, qui plus est de manière caricaturale, le prophète est interdit selon ces musulmans. Moi, selon mes convictions philosophiques et spirituelles, cueillir des coquelicots est interdit, est-ce que quelqu'un s'en soucie ? Certes mes convictions ne sont pas représentées par l'une des trois religions monothéistes, et alors ? Existe-t-il une hiérarchie des convictions ? Que deviendrait notre quotidien, nous laïques, si nous devions désormais nous mettre à respecter toutes les règles et interdits de toutes les religions ?

Audrey Baudeau


Source : Respublica n° 513

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Les contradictions du président de la LDH (par Nicolas Prognon)

ldh1petitEn réponse à M. Dubois, président de la ligue des droits de l'homme, à propos de son intervention au sujet du procès fait à l'hebdomadaire satirique Charlie-Hebdo - au combien nécessaire pour contrer l'uniformisation des pensées chère à notre modernité - je souhaiterai mettre en avant ses nombreuses antinomies.

Si il est vrai que M. Dubois critique, en liminaire, le procès contre l'hebdomadaire, il poursuit curieusement son argumentation en précisant qu' "on ne saurait dénier dans son principe le droit de personnes s'estimant injuriées à saisir un juge indépendant : sauf à proclamer une totale impunité, il est non seulement licite mais normal que l'accès à la justice soit ouvert à tous, qu'il s'agisse de partis, de syndicats, d'instances religieuses ou d'associations". Ainsi, en quelques phrases, M. Dubois affirme tout et son contraire, si le procès en diffamation est inutile au nom de la liberté d'expression, j'ai du mal à comprendre comment, par une opération de passe passe sémantique, et douteuse, le dît procès devient justifié au nom de la même liberté d'expression, qui aurait alors été bafouée par les caricatures. Nous marchons sur la tête... Avec de telle prise de position, on joue le jeu des intégristes qui mieux que quiconque, et cela quelques soient les thèses prônées sous toutes les latitudes, instrumentalisent les failles de l'Etat de droit. Alors, il est aisé d'avoir recours à des procédures judiciaires, à l'instar des pays anglosaxons, pour défendre des idées intolérantes et ceci au nom de la tolérance - Rousseau et Voltaire doivent se retourner dans leurs tombes. Aussi M. Dubois poursui-t-il en rappelant que : "la LDH, qui désapprouve les poursuites intentées à Charlie Hebdo, ne saurait quant à elle dénier aux plaignants le droit d'avoir déposé plainte" ; je suis tenté de lui demander mais porter plainte pourquoi, vu qu'il n'y a eu que libre exercice de la liberté d'expression. La lecture du numéro de Charlie Hebdo concerné n'est pas plus choquante qu'a due l'être celle du numéro ayant suivi la mort de Jean Paul II pour les catholiques et, à ce que je sache, il n'y pas eu de croisade cléricale à l'encontre du journal, même si certains représentants de l'Eglise ont critiqué la façon dont avait été malmené le feu Pontife.

Dans cette optique, le président de LDH rappelle que : "certaines des caricatures en cause étaient non seulement blessantes mais de nature à alimenter des amalgames injustes et discriminatoires", ceci est aussi équivoque que d'assimiler l'ensemble des musulmans à des inégristes. Ou alors, nous devons admettre, dans nos sociétés occidentales et laïques, que l'autocritique n'a plus cours et que l'humour doit être mis à l'index comme au temps de la sainte Inquisition ; dans ce cas, comment parler de liberté d'expression car l'humour n'est pas la calomnie mais une manifestation du progrès. M. Dubois vous me semblez d'une naïveté inquiétante et facilement exploitable - probablement issue d'une éducation judéo chrétienne - par ceux que vous comptez aider aujourd'hui qui n'hésiteront pas à se retourner contre vous lorsqu'ils estimeront que cela servira leur cause, à savoir celles de l'intégrisme et de l'intolérance. En guise de conclusion, vous accusez Charlie Hebdo de provocation incontrolée donc condamnable, je n'en suis pas certain. En effet, la satire est son fond de commerce et, dans l'absolu, personne n'est obligé de lire ce type de presse sauf à vouloir s'autoflageller. Dernier point qui me semble également curieux, c'est votre incompréhension du monde actuel lorsque vous ne cessez d'évoquer le choc des civilisations - qui n'est autre qu'une vue de l'esprit de Samuel Huntington - pour légitimer le recours en justice à l'encontre de l'hebdomadaire. Mettre en avant ce type d'argument cautionne tous les extrémismes, ausi bien celui des néo faucons américains que celui des intégristes musulmans de tous bords.

Nicolas Prognon Enseignant


Source : Respublica n° 513

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18 février 2007

L'avis d'un penseur musulman

jeuneafrique

par Mohamed TALBI Historien et penseur musulman tunisien

Je suis musulman pratiquant, et ici même je me suis déjà exprimé au sujet des caricatures du Prophète. J’y reviens à l’occasion du procès en cours [intenté par la Mosquée de Paris et l’Union des organisations islamiques de France - UOIF - contre le journal Charlie Hebdo], pour dire que celui-ci n’aurait jamais dû avoir lieu. On ne doit jamais faire un procès à la liberté d’opinion et d’expression. Que les musulmans prennent garde qu’on n’étouffe un jour encore davantage leur liberté, déjà réduite à une peau de chagrin dans leurs pays, où on leur fait des procès d’opinion.

Et si l’on se mettait à appliquer le hukm al-ridda (la loi sur l’apostasie), combien de têtes mal pensantes faudrait-il trancher pour un sobriquet ?
Des sunnites tuent, dans les mosquées, en Irak, des chiites, et vice versa. Déjà des milliers de morts. Lesquels iront au paradis ? Lesquels iront en enfer ? Il faut poser la question aux oulémas salafistes. Ce sont eux qui ont fait de l’islam, religion de paix et de respect des droits de l’homme dans le Coran, une religion de terrorisme dans la charia. Le caricaturiste ne tue personne. Il dit, à sa manière, ce qu’il pense. Plume contre plume.


Source : Jeune Afrique

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17 février 2007

Caroline Fourest sur Radio France

radiofranceL'essayiste Caroline Fourest, qui collabore à Charlie Hebdo et a été citée comme témoin, a déploré la "confusion entre la critique de la religion et la critique de l'intégrisme". Selon elle, c'est par "solidarité" avec les dessinateurs danois menacés de mort, et par "devoir d'information" que le journal a choisi de publier les caricatures. "Nous les avons publiées avec un appareillage critique autour", a rappelé Philippe Val faisant allusion aux éclairages et commentaires parus avec les dessins. "On n'a que les stylos pour répondre à la menace et maintenant, on nous demande de poser nos stylos", a dénoncé Caroline Fourest.


http://www.radiofrance.fr/reportage/laune/?rid=330000100&arch=1

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