Soutenons Charlie Hebdo

Suite au procès intenté par des intégristes musulmans (précédés par des intégristes chrétiens), nous avons décidé de mettre en place plusieurs blogs pour soutenir le journal, rappeller quelques vérités qui fâchent, mais aussi essayer de résister localement

08 février 2007

L'islam officiel se sent trahi par Sarkozy

Les associations musulmanes condamnent un soutien à «Charlie» qu'elles jugent politique.

Par Catherine COROLLER

pval_procesNicolas Sarkozy, qui s'est toujours posé en défenseur des valeurs religieuses, a-t-il opéré un virage à 180 degrés en direction des laïcs purs et durs ? Son «clair» soutien, par une lettre adressée à Charlie Hebdo hier à l'ouverture du procès intenté par la Mosquée de Paris et l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) à cet hebdomadaire, a fait l'effet d'une bombe. Et a été vécu comme un lâchage par les associations musulmanes. Hier soir, le bureau du Conseil français du culte musulman (CFCM), auquel appartiennent les deux organisations plaignantes, s'est réuni en urgence pour répondre aux propos du ministre. Pendant la journée, certains de ses membres avaient brandi la menace d'une démission collective. Le ministère de l'Intérieur s'est activé en coulisse, et les responsables musulmans se sont cantonnés à une «dénonciation de l'instrumentalisation de cette affaire par les chefs des partis politiques».

«Préjugés» sur TF1. Reste que le choc produit par la prise de position de Sarkozy en faveur de la «satire» et de la «dérision» a été violent : «Je suis très déçu, déclarait Abdallah Zekri, président de la fédération régionale du Sud-Ouest de la Mosquée de Paris. En tant que ministre de l'Intérieur, Monsieur Sarkozy a un devoir de réserve. Il ne peut pas prendre position pour une partie.» Sauf que, justement, Sarkozy n'a pas fait cette déclaration en tant que ministre de l'Intérieur, mais en tant que candidat à la présidentielle. L'en-tête de sa lettre envoyée à Philippe Val, directeur de la rédaction de Charlie Hebdo, affiche le slogan de campagne de Sarkozy : «Ensemble, tout devient possible».

Dans la prise de position du candidat de l'UMP, Fouad Alaoui, secrétaire général de l'UOIF, voit d'ailleurs un acte politique : «L'électorat musulman ne compte pas de manière significative dans sa campagne.» Et sa lettre de soutien à Charlie, comme ses propos tenus lundi soir sur TF1, attestent aux yeux de Fouad Alaoui du désintérêt du candidat pour les musulmans : «A la télévision, il a répété les préjugés habituels : la polygamie, l'excision, le mouton qu'on égorge dans son appartement...»

Sarkozy a-t-il sacrifié l'électorat musulman à ses ambitions présidentielles ? Lors de son bilan de ministre de l'Intérieur, en janvier, il a curieusement passé sous silence l'existence du CFCM, qu'il a pourtant largement contribué à créer. En déplacement hier à Toulon, le ministre a explicité son soutien à Charlie Hebdo : «Je suis l'un des responsables politiques qui a été le plus souvent et le plus durement caricaturé sur tous les sujets, y compris sur mon physique.» Et, tout en assurant comprendre «que les musulmans puissent être choqués» par les caricatures publiées par l'hebdomadaire, il a déclaré ne pas être «favorable à toute forme de censure».

Doubler Chirac. Que cherche Sarkozy avec cette spectaculaire prise de position ? Pour Franck Frégosi, chercheur au CNRS qui travaille sur la place de l'islam dans les programmes des candidats à l'élection présidentielle, le ministre a voulu concurrencer Chirac et Villepin, qui ont condamné la parution des caricatures. Mais Sarkozy aurait voulu également doubler la gauche sur son terrain favori : le combat pour la laïcité. Les instances musulmanes lui ont fait un cadeau : à quelques semaines de la présidentielle, une démission en bloc du CFCM aurait fait mauvais genre.


Source : Libération du 8 février

Posté par charliehebdo à 12:25 - Le CFCM contre Charlie Hebdo - Rétroliens [0] - Permalien [#]


07 février 2007

Le CFCM déplore la "politisation" du procès de Charlie Hebdo

dalil_boubakeurRéuni en urgence après la lettre de soutien de Nicolas Sarkozy à l'hebdomadaire poursuivi pour la publication des caricatures de Mahomet, le Conseil français du culte musulman a simplement lancé un appel à la "retenue".

Le Conseil français du Culte Musulman (CFCM) a déploré mercredi 7 février une "politisation" du procès des caricatures et appelé à la "retenue", sans pour autant suspendre ses travaux, au terme d'une réunion "exceptionnelle" après le soutien apporté à Charlie Hebdo par Nicolas Sarkozy, a annoncé son président Dalil Boubakeur.
"Le Bureau exécutif du CFCM déplore la politisation d'une affaire judiciaire tendant à dénoncer (...) un acte de provocation créant l'amalgame entre terrorisme et islam", a déclaré Dalil Boubakeur, recteur de la mosquée de Paris, qui lisait le texte adopté par cette instance du CFCM.
"Le Bureau exécutif du CFCM regrette cette instrumentalisation", a-t-il ajouté. "Il souhaite une plus grande retenue pour laisser dans son contexte propre une plainte qui vise deux caricatures injuriant les musulmans", selon la même source.

C'est la lettre de soutien de Nicolas Sarkozy au directeur de "Charlie Hebdo", Philippe Val, qui a mis le feu aux poudres. Dans celle-ci, à en-tête de la campagne et nom du ministère de l'Intérieur et des Cultes, Nicolas Sarkozy disait comprendre que "certains dessins incriminés aient pu heurter les convictions religieuses de certains de nos concitoyens musulmans", mais ajoutait préférer "l'excès de caricatures à l'absence de caricatures".

"Inadmissible"

Après sa lecture à l'audience par Me Georges Kiejman, l'un des avocats de l'hebdomadaire, Abdallah Zekri, chargé de mission auprès du président du CFCM, devait quitter la salle d'audience en jugeant "inadmissible" ce soutien, qualifié de "dérapage". M. Zekri a alors battu le rappel des membres du bureau du CFCM avec son téléphone portable et une réunion était fixée en fin d'après-midi. Me Chams-Eddine Hafiz, avocat de la mosquée de Paris, jugeait même que la question d'une démission collective se posait.

Dalil Boubakeur, président du CFCM, s'est montré plus conciliant avant le début de la réunion, expliquant au micro de LCI: "Il apparaît que c'est une lettre du candidat à l'élection présidentielle, et non comme ça a été dit celle du ministre chargé des Cultes, ce qui effectivement aurait soulevé un certain nombre de récriminations ou d'étonnement", a-t-il dit, ajoutant: "Mais les données officielles nous indiquent que c'est le candidat".

A l'issue de la réunion du bureau exécutif, le recteur de la Grande mosquée se contentait d'annoncer qu'une autre réunion aurait lieu ultérieurement, sans donner de date précise. On ajoutait que certains membres du bureau exécutif étant absents mercredi soir, aucune décision n'avait été prise.


Source : Le Nouvel Observateur du 7 février 2007

Posté par charliehebdo à 21:58 - Le CFCM contre Charlie Hebdo - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le CFCM dénonce le soutien de Sarkozy à Charlie Hebdo

Le bureau exécutif du Conseil français du Culte Musulman doit tenir mercredi une réunion "exceptionnelle" après que le candidat UMP a annoncé son soutien à l'hebdomadaire satirique.

e bureau exécutif du Conseil français du Culte Musulman (CFCM) va tenir mercredi 7 février dans l'après-midi une réunion "exceptionnelle" à propos du soutien apporté à Charlie Hebdo par Nicolas Sarkozy dans l'affaire des caricatures, a-t-on appris dans l'entourage de Dalil Boubakeur, président du CFCM et recteur de la Mosquée de Paris. L'entourage de Dalil Boubakeur, ne s'avance pas sur le résultat de cette réunion "exceptionnelle", où "la question d'une démission en bloc du CFCM sera posée". La réunion à huis clos devait commencer à 17H00.

Le ministre des Cultes

Abdallah Zekri, un représentant du Conseil français du culte musulman, a jugé "inadmissible" mercredi 7 février le soutien apporté par Nicolas Sarkozy à Charlie Hebdo, poursuivi pour avoir publié des caricatures jugées injurieuses envers Mahomet. Abdallah Zekri va demander une démission en bloc du CFCM et que ses activités soient gelées jusqu'à l'élection présidentielle. "Il n'est pas question d'accepter que le ministre des Cultes prenne une telle position! Il n'y a plus de neutralité", a dénoncé Abdallah Zekri.

Plutôt pour "l'excès de caricatures"

Le ministre-candidat a apporté son soutien à l'hebdomadaire satirique dans un courrier lu par Me Georges Kiejman, l'un des avocats du journal. "Je puis tout à fait comprendre que certains dessins incriminés aient pu heurter les convictions religieuses de certains de nos concitoyens musulmans (...) Pour autant je préfère l'excès de caricatures à l'absence de caricatures. La force d'une société démocratique, comme d'ailleurs la force d'une religion aussi brillante que la religion musulmane, se juge à leur capacité à accepter la critique et l'impertinence, fussent-elles excessives".


Source : Nouvel Observateur du 7 février 2007

Posté par charliehebdo à 18:01 - Le CFCM contre Charlie Hebdo - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1