20 février 2007
Les contradictions du président de la LDH (par Nicolas Prognon)
En réponse à M. Dubois, président de la ligue des droits de l'homme, à propos de son intervention au sujet du procès fait à l'hebdomadaire satirique Charlie-Hebdo - au combien nécessaire pour contrer l'uniformisation des pensées chère à notre modernité - je souhaiterai mettre en avant ses nombreuses antinomies.
Si il est vrai que M. Dubois critique, en liminaire, le procès contre l'hebdomadaire, il poursuit curieusement son argumentation en précisant qu' "on ne saurait dénier dans son principe le droit de personnes s'estimant injuriées à saisir un juge indépendant : sauf à proclamer une totale impunité, il est non seulement licite mais normal que l'accès à la justice soit ouvert à tous, qu'il s'agisse de partis, de syndicats, d'instances religieuses ou d'associations". Ainsi, en quelques phrases, M. Dubois affirme tout et son contraire, si le procès en diffamation est inutile au nom de la liberté d'expression, j'ai du mal à comprendre comment, par une opération de passe passe sémantique, et douteuse, le dît procès devient justifié au nom de la même liberté d'expression, qui aurait alors été bafouée par les caricatures. Nous marchons sur la tête... Avec de telle prise de position, on joue le jeu des intégristes qui mieux que quiconque, et cela quelques soient les thèses prônées sous toutes les latitudes, instrumentalisent les failles de l'Etat de droit. Alors, il est aisé d'avoir recours à des procédures judiciaires, à l'instar des pays anglosaxons, pour défendre des idées intolérantes et ceci au nom de la tolérance - Rousseau et Voltaire doivent se retourner dans leurs tombes. Aussi M. Dubois poursui-t-il en rappelant que : "la LDH, qui désapprouve les poursuites intentées à Charlie Hebdo, ne saurait quant à elle dénier aux plaignants le droit d'avoir déposé plainte" ; je suis tenté de lui demander mais porter plainte pourquoi, vu qu'il n'y a eu que libre exercice de la liberté d'expression. La lecture du numéro de Charlie Hebdo concerné n'est pas plus choquante qu'a due l'être celle du numéro ayant suivi la mort de Jean Paul II pour les catholiques et, à ce que je sache, il n'y pas eu de croisade cléricale à l'encontre du journal, même si certains représentants de l'Eglise ont critiqué la façon dont avait été malmené le feu Pontife.
Dans cette optique, le président de LDH rappelle que : "certaines des caricatures en cause étaient non seulement blessantes mais de nature à alimenter des amalgames injustes et discriminatoires", ceci est aussi équivoque que d'assimiler l'ensemble des musulmans à des inégristes. Ou alors, nous devons admettre, dans nos sociétés occidentales et laïques, que l'autocritique n'a plus cours et que l'humour doit être mis à l'index comme au temps de la sainte Inquisition ; dans ce cas, comment parler de liberté d'expression car l'humour n'est pas la calomnie mais une manifestation du progrès. M. Dubois vous me semblez d'une naïveté inquiétante et facilement exploitable - probablement issue d'une éducation judéo chrétienne - par ceux que vous comptez aider aujourd'hui qui n'hésiteront pas à se retourner contre vous lorsqu'ils estimeront que cela servira leur cause, à savoir celles de l'intégrisme et de l'intolérance. En guise de conclusion, vous accusez Charlie Hebdo de provocation incontrolée donc condamnable, je n'en suis pas certain. En effet, la satire est son fond de commerce et, dans l'absolu, personne n'est obligé de lire ce type de presse sauf à vouloir s'autoflageller. Dernier point qui me semble également curieux, c'est votre incompréhension du monde actuel lorsque vous ne cessez d'évoquer le choc des civilisations - qui n'est autre qu'une vue de l'esprit de Samuel Huntington - pour légitimer le recours en justice à l'encontre de l'hebdomadaire. Mettre en avant ce type d'argument cautionne tous les extrémismes, ausi bien celui des néo faucons américains que celui des intégristes musulmans de tous bords.
Nicolas Prognon Enseignant
Source : Respublica n° 513
16 février 2007
La LDH et son président renvoient dos-à-dos Charlie Hebdo et les censeurs islamistes
Ce qui est bien avec la LDH et ses présidents successifs, Tubiana hier, ou Dubois aujourd'hui, c'est qu'on n'est jamais déçu ! Dans le rôle d'idiot utile des islamistes, ils sont incomparable, et seul le Mrap d'Aounit peut leur tenir la dragée haute. Après avoir accueilli en grande pompe Tariq Ramadan, ils ont naturellement mis toutes leurs forces pour s'opposer à la loi contre les signes religieux à l'école. Pour cette direction, réclamer l'application des principes laïques à l'islam est forcément suspect, cela ne peut que cacher du racisme ou de la xénophobie.
On se souvient de la réaction du trio Dubois-Tubiana-Leclerc à l'initiative de Caroline Fourest, de Corinne Lepage et de notre collaborateur Pierre Cassen, auteur d'un texte contre le racisme et l'intégrisme (CRI) dans les colonnes de " Libération ", début mai 2006. Le trio, dans un article intitulé " Dialoguer, plutôt que diaboliser l'islam politique " avait par ailleurs prêté, de manière calomniatrice, des intentions suspectes au texte, le comparant aux propos de Villiers et cherchant par ailleurs à salir Respublica. Cela avait provoqué une crise à la direction de l'association, puisque quelque temps plus tard, Antoine Spire, Philippe Lamy et Cédric Porain prenaient publiquement, toujours dans " Libération ", le contre-pied du texte des trois anciens présidents, et approuvaient la démarche du CRI.
Dans Respublica 445, date du 19 mai 2006, notre collaboratrice Marie Perret, dans un texte intitulé " Les tourments de la Ligue des Droits de l'Homme ", brocardait avec humour la mauvaise conscience de la direction de la LDH, tandis que Caroline Fourest, Pierre Cassen et Corinne Lepage répondaient aux attaques des trois présidents.
Cela ne pouvait qu'accélérer la crise, un comité central fut presque entièrement consacré à l'appel. Antoine Spire (qui fut des nôtres ce week-end) et Cédric Pocrain finirent, écoeurés, par démissionner du comité central.
La LDH se singularisera, plus tard, lors de l'affaire Redeker, en faisant un communiqué particulièrement scandaleux, soutenant le philosophe menacé de mort du bout des lèvres, et insistant surtout sur ce qu'elle appelait le caractère " nauséabond " de son texte, quand Redeker vivait traqué, incapable de se défendre.
A l'occasion du procès de Charlie Hebdo, Dubois fait dans le jésuitisme. Certes, service minimum, il rappelle qu'il condamne le procès intenté à Charlie Hebdo. Et il dit, ce qui est vrai, que le débat est légitime. Mais en même temps, et c'est particulièrement pervers, il fait du Chirac, qui avait parlé d' " inutile provocation ". Il ment sur l'histoire des dessins danois, et fait passer le journal " Jillands-Posten " pour xénophobe, ce qui est particulièrement crapuleux, quand on connaît les pressions et les menaces subies par les journalistes et les dessinateurs. Il oublie surtout de préciser que ce journal a publié également des dessins irrévérencieux du Christ.
Il se permet de faire la leçon à " Charlie Hebdo ", à la fin de son texte. Quand on le lit bien la pensée de Dubois, on peut en conclure que, finalement, Charlie Hebdo a bien mérité son procès, tout comme Robert Redeker avait bien cherché sa fatwa.
Jean-Pierre Dubois aurait-il le même propos vis-à-vis de Jean-Pierre Mocky, dont le film " Le Miraculé " avait suscité l'ire des intégristes catholiques ? Ou bien vis-à-vis du film de Scorsese, " La dernière Tentation du Christ " ? A-t-il dit un seul mot quand les " Guignols " se déchaînaient, tous les soirs, contre le Pape ? Mais à la LDH, on veut tellement " dialoguer " avec l'extrême droite islamiste que non seulement on salit ceux qui la critique, mais en plus on préfère inviter l'UOIF à manifester contre le racisme, comme cela faut fait le 7 novembre 2004, pour la plus grande honte d'un mouvement antiraciste totalement dévoyé par des personnages comme Tubiana, Aounit et Dubois.
Jeanne Bourdillon
Source : Respublica n°512
15 février 2007
L'article ordurier de Indymedia Grenoble
Texte du site Indymedia Grenoble reproduit dans son intégralité avec le commentaire du modérateur qui a pris la responsabilité de publier cet article injurieux et diffamant :
REISER EST MORT, CABU EST VIVANT, C’EST UN DOUBLE MALHEUR POUR LA CARICATURE POLITIQUE !
écrit le 13/02/07 à 15:47:10 par Hyma la hyène
Cet article est débattu car il a été accepté par unE modérateureuse et mis à débattre par unE autre.
OK pour partager avec l'auteur de ce texte l'antipathie pour le Charlie Hebdo d'aujourd'hui comme pour les "repentis" de l'ultragauche. Mais c'est difficile d'accépter un texte qui utilise des arguments et des allusions dangereusement tendancieux ("l’étoile de David est remarquablement absente du juif caricatural") et finit par tomber dans la basse insulte "petits racistes minables, supplétifs bénévoles de la pensée unique".
Zenoon, un modérateur.
{La UNE du dernier Charlie est une merveilleuse illustration de la dérive d’un hebdo qui a été la fierté de la presse contestataire il y a 30 ans et qui est devenu la honte de la presse tout court aujourd’hui.}}
Le glissement s’est rapidement fait sous la houlette du führer du nouvel hebdo, Philippe Val, au début des années 90, mais il avait déjà commencé avec le passage de Cabu au Canard enchaîné, qui correspondait plus à sa vision d’une contestation soft et bien encadrée.
Le Canard lui-même avait connu la même dérive, passant de la dénonciation de la guerre (ce qui avait été sa raison d’être à ses débuts) au soutien inconditionnel de l’Etat le plus militariste de la planète (on trouvera dans les archives notamment les traces de son soutien à la guerre “préventive” de 1967, traitant de “munichois” ceux qui ne se rangeaient pas derrière l’Etat raciste).
C’était bien contre cette dérive du Canard que s’était créé Charlie Hebdo après Mai 68, contre la récupération des révoltes par les organisations de gauche et d’extrême gauche et même d’un certain nombre de “libertaires”. C’est en effet à ce moment-là qu’on a vu fleurir cette dérive mortifère que certains ont dénommée anarcho-sionisme, dont la lutte légitime contre l’antisémitisme a été détournée et a plus servi à parler du CAPITAINE Dreyfus que du BAGNARD Marius Jacob.
L’actuel Charlie Hebdo est allé encore plus loin que le Canard de l’époque en apportant le talent de ses dessinateurs au service d’un populisme raciste qui nous rappelle les torchons fascistes des années 30. Seule la cible a changé, le ton et les arguments sont les mêmes.
Que certains dessinateurs restent à Charlie et cautionnent ainsi leur employeur néocon et raciste, c’est déjà suffisamment triste. Mais d’autres le font par vocation, comme Cabu, dont la carrière est un exemple de ce que la contestation peut devenir quand elle se met au service de la pensée dominante contre les plus faibles.
Un bon exemple, c’est quand des militants pour la défense des prisonniers politiques ont demandé à des caricaturistes renommés de dessiner des affiches pour la libération des prisonniers d’Action directe, ce que beaucoup ont fait, y compris même de Charlie. Le refus le plus net est venu de Cabu, qui en plus a profité de l’occasion pour faire un dessin contre AD publié par Charlie.
La UNE du dernier Charlie, dessinée par Cabu, est un véritable monument de jésuitisme qui résume bien la pensée néocons et ce qu’ils entendent en réalité par blasphème, laïcité et liberté d’expression.
Alors que les symboles de 2 religions (qui sont aussi ceux des Etats qui s’en réclament) sont bien apparents, par contre l’étoile de David est remarquablement absente du juif caricatural, qui n’est visiblement là que pour compléter le tableau et atténuer la partialité de l’ensemble.
Quand on veut rigoler un peu du judaïsme, le plus qu’on peut se permettre, c’est le juif en papillotes, mais la kippa, l’étoile de David ou le chandelier, c’est tabou, ils sont déjà utilisés par l’Etat le plus raciste de la planète, et la moindre allusion serait de l’antisémitisme.
Peut-être que si certain humoriste s’était contenté du chapeau noir et des papillotes au lieu d’y ajouter le treillis militaire des colons juifs criminels, ça lui aurait évité le lynchage médiatique et politique, et de sombrer lui-même dans une dérive d’extrême droite, pour y rejoindre ceux qui l’avaient condamné.
Voilà où en sont arrivés aujourd’hui ceux qui prétendent représenter la libre pensée, le droit au blasphème et l’impertinence religieuse. A défendre au nom de la laïcité un Etat qui a érigé le racisme au statut de religion d’Etat et à traiter d’antisémites ceux qui lui résistent. Aidés en cela par leurs représentants dans les médias alter (ceux d’Indymedia se reconnaîtront), petits racistes minables, supplétifs bénévoles de la pensée unique, apportant leur pierre à la mesure de leur piètre talent.
{{{REISER, REVIENS ! ILS SONT TOUS DEVENUS FACHOS !}}}
Source : http://grenoble.indymedia.org/index.php?page=article&filtre=4&droiteA=4&numpageA=1&id=4572
Philippe Val diffamé sur le site LMSI
Sur le site de Pierre Tévanian, le collectif "les mots sont importants" écrit :
"Nous voici donc à nouveau en pleine farce...
Une gigantesque farce macabre, sordide, qui provoque autant l’envie de rire que celle de pleurer ou de vomir, tant elle charrie de violence à l’égard des mêmes, toujours les mêmes : ceux qu’il est devenu non seulement légitime, mais spirituel et distingué, de vilipender, injurier et diffamer quasi-quotidiennement depuis quelques années ; ceux qu’il n’est même plus nécessaire de nommer tant leur nom est devenu familier, tant « nous » nous sommes habitués à « eux » dans le role du méchant que nos journaux accusent de mettre en péril la sécurité des biens et des personnes, les acquis du féminisme et ceux de la laïcité, sans oublier la dignité des moutons, la propreté des baignoires et, bien entendu, la liberté d’expression ; ceux qui n’ont accès à aucun grand média pour dire leur désaccord, leur tristesse ou leur colère ; ceux qu’on peut courageusement frapper puisqu’ils sont à terre et désarmés : les musulmans.
(...)
Il est vrai que des caricatures islamophobes s’insèrent plus harmonieusement dans la ligne politique du Charlie Hebdo New Look de Philippe Val qu’une dénonciation des violences et de l’impunité policières. La tendance Valienne est même plutot à hurler avec les loups contre les « jeunes de banlieue », et même à lancer des « bien fait ! » haineux sur le cadavre d’un gamin de 17 ans abattu d’une balle policière dans la nuque, comme le fit Cavanna dans un Charlie hebdo de janvier 2002 (cf. Olivier Cyran, « Lettre ouverte à Cavanna, fabricant de haine »).
Philippe Val est d’ailleurs réputé lui-même pour être un petit Sarkozy médiatique, tant par ses options de plus en plus droitières, néo-libérales, pro-américaines et pro-israéliennes, islamophobes et anti-arabes que par sa légendaire autocratie et sa non moins légendaire volonté de verrouillage idéologique au sein de son journal. Comme l’ont déjà rappelé, entre autres, PLPL, Olivier Cyran, Mona Chollet, CQFD et Le Plan B..."
Source : http://www.lmsi.net/article.php3?id_article=630
14 février 2007
Le dernier délire de Thierry Meyssan (Réseau Voltaire)
Quelques extraits
("perles") du dernier trip de Thierry Meyssan pour qui l'affaire des caricatures
serait une "vaste opération de propagande visant à promouvoir la
"guerre des civilisations"" Selon Thierry Meyssan, "aucun des dessins ne représente Mahomet" (tiens donc) :
"Sans écouter le grief des plaignants, ni attendre le jugement du
tribunal, la parole publique assimile les associations de musulmans à des
groupes obscurantistes, étrangers à la République laïque et moderne. Au nom de
la laïcité, on stigmatise les fidèles d’une grande religion. Soyons alertés par
ce paradoxe : au nom de la laïcité, nous perdons le sens de la tolérance.
Ressaisissons-nous avant de plonger tête baissée dans la « guerre des
civilisations »
(…)
Le Jyllands-Posten est le quotidien le plus diffusé au Danemark.
Positionné à droite, il mène depuis trois ans une violente campagne
anti-immigrés. Il n’a cessé de multiplier les articles et les éditoriaux pour
insinuer que l’islam n’est pas compatible avec la démocratie et que les
musulmans ne sont pas intégrables dans la société danoise. (…). En trois ans,
le Jyllands-Posten a submergé le Danemark avec son discours islamophobe,
dont le Premier ministre est devenu le héraut.
(…)
La violence du journal a été relevée dans le rapport de l’European
Network Againt Racism, la fédération des associations anti-racistes
européennes, dans son rapport 2004 sur le Danemark. Le Jyllands-Posten y
est décrit comme une publication d’extrême-droite. Cet observatoire a conduit
une analyse du contenu du journal pendant trois mois. Il a relevé que 53 % des chroniques,
55 % des articles, 71 % des brèves, 73 % des tribunes libres, 79 % des
éditoriaux et 81 % des courriers de lecteurs traitant des minorités étrangères
les présentent de manière négative.
En d’autres termes, le journal n’a pas publié ces caricatures pour
libérer les illustrateurs danois d’une auto-censure oppressante, mais comme un
élément dans une vaste campagne d’incitation à la haine.
(…)
Fleming Rose est un ami du théoricien de l’islamophobie, Daniel
Pipes (….)
Daniel Pipes est l’auteur de cette célèbre formule : « Tous
les musulmans ne sont pas terroristes, mais tous les terroristes sont musulmans ».
Sur cette base, il préconise une surveillance policière systématique de tous
les musulmans aux États-Unis et en Europe. Les dessins édités par Fleming Rose
vont plus loin encore : ils insinuent que tous les musulmans sont des
terroristes en puissance.
(…) Fleming Rose et Merete Eldrup ne voient donc chez les musulmans que
des terroristes potentiels. (…)
Non seulement le Premier ministre n’avait aucune envie d’appaiser la
crise des caricatures, mais celle-ci sert ses objectifs politiques en creusant
un fossé entre les civilisations. La tension renforce sa position intérieure et
la stratégie internationale de ses alliés. (…). Ainsi, il a délibérement menti
à l’opinion publique en faisant croire que les ambassadeurs de la Ligue arabe
réclamaient une censure religieuse lorsqu’ils demandaient un dialogue pour
limiter la propagation du racisme.
(…)
Une semaine plus tard, les caricatures sont reprises par Charlie
Hebdo. Comme l’a montré Cédric Housez dans nos colonnes, l’hebdomadaire
satirique se focalise depuis la fin 2003 sur la dénonciation du péril musulman.
Il prend position contre la participation de Tariq Ramadan au Forum social
européen, pour l’interdiction du voile, contre la politique arabe de la France,
pour la politique d’Israël, etc.
Pour France Soir, comme pour Charlie Hebdo, ces
publications prolongent des campagnes de presse déjà anciennes au service de
l’idéologie néoconservatrice de la « guerre des civilisations ».
Elles font preuve d’efficacité puisque la classe dirigeante française,
quasi-unanime, feint de ne pas voir le propos anti-musulman et apporte son
soutien à ce bel exercice de la liberté d’expression. (…)Allant un peu plus loin
encore dans l’hypocrisie, Charlie Hebdo publie Le Manifeste des douze.
L’islamisme y est dénoncé comme le nouveau totalitarisme et opposé à la liberté
d’expression. Parmi les signataires, on retrouve, outre Philippe Val directeur
du journal, la députée affabulatrice néerlandaise Ayaan Hirsi Ali, les
journalistes Caroline Fourest et Antoine Sfeir, et l’essayiste Bernard
Henry-Lévy.
(…)
Nous reproduisons ici la caricature la plus discutée. Elle représente
un homme portant un turban qui est une bombe. Selon le Jyllands-Posten,
cet homme serait Mahomet et le dessin brocarderait les extrémistes qui se
réclament de ce prophète pour pratiquer le terrorisme. Or, sur le turban du
personnage, on peut lire la profession de foi des musulmans : « Dieu
est grand et Mahomet est son prophète ». Le personnage n’est donc en aucun
cas Mahomet lui-même, mais un musulman emblématique. Le turban-bombe vise à
associer son image et celle du terroriste. Ce message stigmatise les musulmans
dans leur ensemble et constitue un appel à la haine normalement sanctionné par
la loi dans toute société démocratique.
C’est à tort que l’on parle des « caricatures de Mahomet » là
où il s’agit de caricatures des musulmans.
(…)
Dans cette affaire, il est désormais établit que les principaux protagonistes ont menti (le Jyllands-Posten à propos de ses objectifs, le Premier ministre danois quant aux revendications des ambassadeurs arabes, la Société islamique du Danemark sur la nature des caricatures, et Abou Laban sur son engagement politique). Il est également établi que tous ces protagonistes sont liés à l’administration états-unienne, laquelle promeut la « guerre des civilisations »."
Source : site du réseau Voltaire
Pierre Marcelle sur Libération
Pierre Marcelle réagit au texte de Caroline Fourest publié le 7 février dans Libération. Voici ce qu'il écrit :
"Dans le commun saladier d'une «islamophobie» ou d'un racisme très ordinaire, Caroline Fourest assaisonne le tout à la sauce fatwa. Pour ce faire, elle doit mettre un peu sous le boisseau ce détail, que la crise des caricatures advint au sortir de cette autre, dite «des banlieues», dont du beau linge nous expliquait alors que la polygamie en était la cause et que des barbus en tiraient les ficelles ; et vite passer sur cet autre, que pour réduire les «émeutiers» avait été décrété un couvre-feu exhumé de lois d'exception datant de la guerre d'Algérie..."
Il ne ressort pas grand chose du reste du texte de Pierre Marcelle qui est difficilement compréhensible. L'auteur devait être tout seul à se comprendre.
Source : Libération du 13 février 2007
L'avis du président de la Ligue des Droits de l'Homme
Jean-Pierre Dubois, président de la LDH, affirmant dans un premier temps que le procès intenté à Charlie Hebdo est un "mauvais procès", conclut néanmoins :
"Or certaines des caricatures en cause étaient non seulement blessantes
mais de nature à alimenter des amalgames injustes et discriminatoires.
Et le journal danois qui les a publiées l'a fait intentionnellement,
dans un contexte national de campagne ouvertement xénophobe. Aucun des
organes de presse qui a relayé cette publication ne l'ignorait. Chacun
est dès lors comptable de la part qu'il prend sciemment à la diffusion
des logiques de «conflit de civilisations». (...) Blesser, provoquer sciemment, c'est prendre la responsabilité de
contribuer au choc des aveuglements, alors que le combat pour les
Lumières passe au contraire par la distinction entre la critique,
toujours libre, et l'injure ou l'amalgame, toujours
méprisables."
Source : Libération du 13 février 2007


