Soutenons Charlie Hebdo

Suite au procès intenté par des intégristes musulmans (précédés par des intégristes chrétiens), nous avons décidé de mettre en place plusieurs blogs pour soutenir le journal, rappeller quelques vérités qui fâchent, mais aussi essayer de résister localement

23 mars 2007

Charlie Hebdo relaxé : article de Libération

couv_liberationProcès Charlie: les caricatures de Mahomet relaxées

A l'énoncé du jugement, Philippe Val émet un sourire très maîtrisé. Son avocat, Richard Malka, l'embrasse. Le directeur de Charlie Hebdo donne à son tour l'accolade à son autre défenseur, Me Georges Kiejman. Des applaudissements fusent dans le prétoire et se poursuivent jusque dans l'escalier du Palais de justice de Paris. «Merci Philippe !» «Vive la liberté d'expression !» crient des partisans de l'hebdomadaire satirique venus en nombre, comme à chaque étape de ce feuilleton judiciaire.

A l'issue de quelques minutes d'audience, le président Jean-Claude Magendie a prononcé la relaxe et rejeté les demandes des parties civiles. En reproduisant les caricatures danoises de Mahomet qui avaient suscité des réactions violentes à travers le monde, en ajoutant en une son propre dessin signé Cabu, Charlie ne s'est pas rendu coupable d' «injures publiques» envers les musulmans.

Blasphème. «Dans une société laïque et pluraliste, le respect de toutes les croyances va de pair avec la liberté de critiquer les religions, quelles qu'elles soient», insistent les juges, tout en rappelant que le blasphème n'est plus réprimé en France. Ainsi n'y a-t-il rien de répréhensible dans le premier des trois dessins incriminés, celui de Cabu, montrant un prophète accablé d' «être aimé par des cons». «Si ce dernier terme constitue bien une expression outrageante, il ne vise que les intégristes expressément désignés dans le titre.» Même tarif concernant un Mahomet planté sur un nuage et refoulant les terroristes d'un : «Arrêtez, nous n'avons plus de vierges !» Il s'en prend aux attentats-suicides, non à l'islam. En revanche, le troisième croquis, représentant le Prophète coiffé d'une bombe, «apparaît en soi et pris isolément de nature à outrager l'ensemble des adeptes de cette foi ... en ce qu'il les assimile sans distinction ni nuance à des fidèles d'un enseignement de la terreur». Mais, aussi choquant soit-il, il doit être apprécié dans le «contexte» de l'époque, marqué par des manifestations violentes. Charlie Hebdo «a clairement revendiqué un acte de résistance à l'intimidation et de solidarité envers les journalistes menacés ou sanctionnés». Le journal n'a pas, selon les juges, cherché à «offenser» l'ensemble des musulmans, mais à apporter sa contribution à un «débat d'idées sur les dérives de certains tenants d'un islam intégriste» et «violent». Rarement dénouement judiciaire aura été si largement salué. A la sortie, Philippe Val n'est pas le seul à se déclarer «satisfait». Les avocats de la Grande Mosquée de Paris, pourtant à l'origine de la plainte, ceux-là mêmes qui l'accusaient un mois plus tôt de «racisme», lui font écho. Me Christophe Bigot salue un «bon jugement, car il fixe un certain nombre de bornes» . Et son collègue, Me Francis Szpiner, d'ajouter que «vraisemblablement» son client ne contestera pas en appel la décision, qualifiée d' «équilibrée». «Le tribunal a fait la même lecture que la nôtre, mais n'en a pas tiré les mêmes conséquences. Il a pris bien soin de dire que, dans un autre contexte, il aurait très certainement prononcé une condamnation.» A l'opposé, l'autre coplaignant, l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), dénonce par la voix de son président, Lhaj Thami Breze, un jugement «politique». «Oui, on va faire appel», lance ce dernier. Pour Me Kiejman, cette différence d'attitude prouve que le recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubaker, n'a engagé ce bras de fer que sous la pression de sa base. «Il doit même être content du résultat», estime-t-il.

Attitude munichoise. A la rédaction de Charlie Hebdo, on sable le champagne. Philippe Val, tout habité par sa lutte contre l'intégrisme islamiste, parle d'une «victoire européenne», d'une revanche après l'assassinat de Theo Van Gogh aux Pays-Bas, la déprogrammation d' Idomeneo de Mozart par l'opéra de Berlin ou l'absence de réactions aux attaques contre le Danemark et ses ambassades. «C'était une attitude munichoise», lance Philippe Val. Un combat «loin d'être gagné», selon sa journaliste Caroline Fourest, citant une enquête de Pèlerin Magazine montrant que 82 % des 18-24 ans trouvent inacceptable et raciste de rire de la religion en public : «La leçon qu'on a tirée de ce débat, c'est la nécessité de tout reprendre à zéro.» Le journal a bien l'intention de continuer à rire de l'islam, comme des autres croyances. «Et, rappelle Me Malka, on sait bien que Charlie a traité très durement la religion catholique.» A bon entendeur.

Christophe Boltanski, Libération, 23 mars

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Charlie Hebdo au salon du Livre

salondulivreCharlie Hebdo et l’affaire des caricatures. Date : le 23/03 de 19h30 à 21h00 Type : Rencontre, Conférence, Débat Lieu : Salle Tagore Thème : Média Organisé par : Charlie Hebdo

Description Les dessinateurs réagissent en direct via la rétro-projection de leurs dessins sur écran.

Avec Philippe Val, Cabu, Caroline Fourest, Charb, Luz, Riss, Tignous, Jul., Honoré, Wolinski, Catherine, Oncle Bernard…

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Caricatures: relaxe pour "Charlie-Hebdo"

charlie_hebdo_petitLe tribunal correctionnel de Paris a débouté jeudi les organisations musulmanes qui poursuivaient "Charlie-Hebdo" pour "injure envers un groupe de personnes en raison de sa religion" à la suite de la publication de caricatures de Mahomet en février 2006. Une décision saluée par une salve d'applaudissements d'un public acquis à la cause de l'hebdomadaire satirique.

"On est content pour nous et pour vous. On va pouvoir faire notre métier", a réagi Philippe Val, directeur de publication de "Charlie-Hebdo", à l'issue de ce jugement de la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris.

"C'est une bonne nouvelle pour les musulmans laïcs et républicains. C'est une bonne nouvelle pour ceux qui croient à la liberté d'expression", a-t-il ajouté en estimant que si c'était à refaire, "Charlie-Hebdo" publierait à nouveaux ces caricatures.

Trois dessins du numéro spécial de ce journal consacré aux caricatures de Mahomet étaient poursuivis par deux composantes du Conseil français du culte musulman (CFCM), la Grande mosquée de Paris et l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), rejointes par la Ligue islamique mondiale.

Le dessin en "une", réalisé par Cabu, représente, sous le titre "Mahomet débordé par les intégristes", un prophète soupirant: "C'est dur d'être aimé par des cons"; le deuxième montre le prophète coiffé d'un turban sur lequel est inscrit le premier pilier de l'Islam ("Il n'y a qu'un seul dieu et Mahomet est son prophète") et d'où sort la mèche d'une bombe; le troisième montre Mahomet sur un nuage accueillant des terroristes en leur disant: "Arrêtez, arrêtez, nous n'avons plus de vierges". Ces deux derniers dessins avaient été initialement publiés par le quotidien danois "Jyllands-Posten".

Mes Francis Szpiner et Christophe Bigot, avocats de la Grande Mosquée de Paris, ont annoncé qu'ils ne feraient "vraisemblablement pas appel". En revanche, Lhaj Thami Breze, président de l'UOIF, a annoncé une volonté contraire. "La justice ne nous a pas satisfait", a-t-il dit.

Le tribunal a jugé que le dessin de Cabu ne visait "que les intégristes", ceux-ci ne pouvant "se confondre avec l'ensemble des musulmans". Idem pour celui du prophète accueillant les candidats au martyre. Si cette caricature "évoque clairement les attentats-suicides par certains musulmans", elle "n'assimile pas Islam et commissions d'actes de terrorisme".

Si le dernier dessin peut être considéré comme "choquant, voire blessant (...) pour la sensibilité des musulmans", le tribunal a considéré qu'il faut le replacer dans le contexte du numéro spécial édité par "Charlie-Hebdo". Cette caricature, loin d'offenser les musulmans, participe "du débat public d'intérêt général né au sujet des dérives des musulmans qui commettent des agissements criminels en se revendiquant de cette religion".

Philippe Val encourait six mois d'emprisonnement et 22.500 euros d'amende. Le ministère public avait requis sa relaxe.


Source : Le Nouvel Observateur du 22 mars 2007

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Charlie Hebdo a été relaxé

couv_charlie_procesL'hebdomadaire, qui avait publié des caricatures du prophète en février 2006, était poursuivi par des organisations musulmanes. L'UOIF interjette appel.

Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé, jeudi 22 mars, Philippe Val, directeur de publication de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, poursuivi pour avoir publié des caricatures de Mahomet considérées comme injurieuses pour les musulmans. Lors de l'audience, le représentant du ministère public avait requis la relaxe de Philippe Val, jugé pour "injure publique envers un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une religion".
La Grande mosquée de Paris, l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), composantes du Conseil français du culte musulman, auxquelles s'est jointe la Ligue islamique mondiale, poursuivaient trois dessins publié en février 2006 par Charlie Hebdo. Peu après l'annonce du verdict, l'UOIF a annoncé son intention d'interjeté appel.
Celui de "Une", réalisé par Cabu, représente, sous le titre "Mahomet débordé par les intégristes", un prophète soupirant: "C'est dur d'être aimé par des cons"; le deuxième montre le prophète coiffé d'un turban sur lequel est inscrit le premier pilier de l'Islam ("Il n'y a qu'un seul dieu et Mahomet est son prophète") et d'où sort la mèche d'une bombe; le troisième montre Mahomet sur un nuage accueillant des terroristes en leur disant: "Arrêtez, arrêtez, nous n'avons plus de vierges". Les deux dernières caricatures avaient été commandées et publiées par le quotidien danois Jyllands-Posten.

Amalgame

Les avocats des organisations musulmanes ont affirmé, sans paraître pour autant convaincus, que ces caricatures faisaient l'amalgame entre islam et terrorisme.
La défense de Charlie Hebdo a fait de ce procès celui de la liberté d'expression et de la laïcité, faisant citer de nombreux témoins comme François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste, ou François Bayrou, président de l'UDF et candidat à l'élection présidentielle.
Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur et des cultes, s'est invité dans le débat en adressant à la défense de Charlie Hebdo une lettre de soutien, lue à l'audience, au grand dam du CFCM.
"Si l'on n'a plus le droit de rire des terroristes, que reste-t-il comme arme au citoyen?", s'était interrogé à l'audience Philippe Val, directeur de publication de Charlie Hebdo, qui encourt six mois d'emprisonnement et 22.500 euros d'amende.

Le Jyllands-Posten satisfait

De son côté, le Jyllands-Posten - quotidien danois qui avait publié le premier des caricatures de Mahomet - s'est félicité jeudi du jugement de la justice française. Dans un communiqué sur le site internet du quotidien Jyllands-Posten, le rédacteur en chef du journal, Carsten Juste, a estimé que "rien de moins qu'un acquittement complet aurait été une catastrophe pour la liberté d'expression et la fondation entière de notre société démocratique".
"Il a surtout été très réjouissant de constater que les intellectuels français de tous les horizons politiques ont soutenu sans hésitation le principe de la liberté d'expression", a ajouté Carsten Juste.


Source : Le Nouvel Observateur du 22 mars 2007

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