Soutenons Charlie Hebdo

Suite au procès intenté par des intégristes musulmans (précédés par des intégristes chrétiens), nous avons décidé de mettre en place plusieurs blogs pour soutenir le journal, rappeller quelques vérités qui fâchent, mais aussi essayer de résister localement

08 février 2007

Relaxe requise Charlie Hebdo

Le procureur a jugé que "ce n'est pas la foi en l'Islam qui a été stigmatisée" par les caricatures de Mahomet publiées par l'hebdomadaire.

couvs_charlie_hebdoLes avocats de la Grande mosquée de Paris, qui poursuivent Charlie Hebdo pour avoir publié des caricatures du prophète, ont estimé jeudi que la revue satirique s'était rendue coupable d'injure raciale en assimilant les musulmans aux terroristes. Le ministère public a pour sa part requis la relaxe. Le jugement sera mis en délibéré à l'issue des plaidoiries de la défense.

Le procureur Anne de Fontette a jugé que "ce n'est pas la foi en l'Islam qui a été stigmatisée par ces caricatures. Ce n'est pas une attaque contre des convictions religieuses en tant que telles". Evoquant la caricature représentant une mèche allumée sortant d'un turban en forme de bombe, elle a expliqué: "Ce qui est mis en évidence dans cette caricature, ce n'est pas l'obscurantisme de la religion musulmane, son prosélytisme ou encore ses défauts, c'est la dénonciation de l'utilisation qu'en font les terroristes qui prétendent agir en son nom ou au nom du prophète (...) l'intégrisme politique, le djihad, le combat des terroristes".

Pour le ministère public, ce dessin "pourrait être considéré comme une atteinte au symbole religieux, mais alors c'est un blasphème, et il est aboli dans notre législation depuis la révolution française".

"Barbare"

"Il est grotesque de venir nous soutenir que les associations que nous représentons cherchent à faire rétablir un quelconque délit de blasphème", a plaidé pour sa part Me Christophe Bigot, l'un des deux avocats de la Grande mosquée de Paris. La stratégie de Charlie Hebdo a été, selon lui, de représenter ses clients comme des "citoyens qui veulent faire régresser la justice et faire retomber la France dans je ne sais quel pays barbare".

La Grande mosquée de Paris et l'Union des organisations islamistes de France (UOIF) poursuivent trois dessins publiés par Charlie Hebdo dans son numéro du 8 février 2006. Celui en "une", réalisé par Cabu, représentant, sous le titre "Mahomet débordé par les intégristes", un prophète soupirant: "c'est dur d'être aimé par des cons".

Le deuxième représente le prophète coiffé d'un turban sur lequel est inscrit le premier pilier de l'Islam (Il n'y a qu'un seul dieu et Mahomet est son prophète) d'où sort la mèche d'une bombe et le troisième, Mahomet sur un nuage accueillant des terroristes leur disant: "Arrêtez, arrêtez, nous n'avons plus de vierges".

Ces caricatures, pratiquant amalgame entre Islam et terrorisme, "constituent une expression outrageante par la définition d'une croyance dans un prophète terroriste", a soutenu Me Bigot. Son confrère, Me Francis Szpiner, a affirmé que ces "caricatures inacceptables véhiculent un message qui porte atteinte à la dignité des musulmans" en assimilant le musulman au terroriste. Un amalgame qui préfigure "les ratonnades" et le "délit de sale gueule".

Bayrou au créneau

Un peu plus tôt dans la journée, François Bayrou, président de l'UDF, cité comme témoin par la défense de Charlie Hebdo a considéré que ces dessins ne représentaient pas, à ses yeux, "une offense lourde en direction de la communauté musulmane". "Le pilier central de la société dans laquelle nous vivons, c'est la liberté d'expression. Elle nous protège tous, croyants, incroyants et agnostiques".

Le candidat à l'élection présidentielle n'a pas eu le sentiment que ces caricatures pratiquaient l'amalgame, tant dénoncé par les associations. Dans celle de Cabu, "il y a une manière d'épargner le prophète et de diriger les flèches vers ceux qui, en dérivant, trahissent son enseignement".

Et de réaffirmer avec force, comme l'on fait mercredi Nicolas Sarkozy, de façon épistolaire, et François Hollande à la barre, qu'il se rangerait "au côté de ceux qui refusent de porter atteinte à la liberté de critique et qui défendent la liberté d'être acide". Et ce, quelle que soit l'importance que prennent ses convictions religieuses dans sa vie.

Mohamed Sifaoui, journaliste, cité par la défense, a montré au tribunal le drapeau de l'Arabie saoudite sur lequel le premier pilier de l'Islam est accompagné d'un sabre. Ou celui du Groupement salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), un groupe terroriste, où des versets du Coran sont juxtaposés à des mitraillettes. "Les musulmans doivent d'abord s'élever contre ça", a-t-il dit.

Les débats se poursuivaient dans la soirée.


Source : Nouvel Observateur du 8 février 2007

Posté par charliehebdo à 20:27 - Journée d'audience - Rétroliens [0] - Permalien [#]


Caricatures: relaxe requise par le parquet pour Charlie Hebdo

Le parquet a requis la relaxe de Charlie Hebdo et de son directeur Philippe Val, jugés en correctionnelle à Paris pour la publication de trois dessins de Mahomet jugés racistes par des organisations musulmanes.

Le substitut du procureur Anne de Fontette a estimé que les caricatures relevaient de la liberté d'expression et ne s'en prenaient pas à la religion musulmane, mais à l'intégrisme.

Le jugement devait être mis en délibéré dans la nuit après les plaidoiries des avocats de Charlie Hebdo et Philippe Val.

Posté par charliehebdo à 19:46 - Journée d'audience - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Messages de "non soutien" !

charlie_hebdo_petitToute l'équipe de "Soutenons Charlie Hebdo" souhaite vous remercier pour vos commentaires et messages de soutien !

Néanmoins, depuis l'ouverture de ce blog, nous recevons ce type de réactions dont certaines, à la limite de l'hystérie, ne sont pas publiées (les grossiertés et insultes en tout genre n'ont pas leur place sur ce blog) :

"VIAL PROVOCATEUR, PAS DE SOUTIEN POUR LA PROVOC.STUPIDE, SI LA DEMOCRATIE C'EST VEXER, VOUS SAVEZ CE QUE JE VOUS DIT, AU NOM DE LA DEMOCRATIE ................."

Il s'agit sûrement de la réaction typique d'un intégriste qui, selon toute vraisemblance, s'est senti vexé par la couverture de Charlie Hebdo qui traitait les intégristes de "cons"

Val "provocateur" ? Val dérangerait-il ? Et bien si c'est oui, c'est tant mieux. Merci à lui et à l'équipe de Charlie Hebdo de ne pas céder aux diktats des religieux qui veulent étouffer le droit de blasphème, droit né de la Révolution de 1789 !

Et nous, vous savez ce qu'on vous dit au nom de la démocratie, monsieur l'internaute X ? Vive la liberté de blasphémer contre toutes les religions.

L'équipe "Soutenons Charlie Hebdo"

Posté par charliehebdo à 18:32 - Ils sont contre Charlie Hebdo - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Quand Serge Dassault voulait censurer L'Express

denisjeambarL'ancien directeur de la rédaction, Denis Jeambar, raconte que l'ex-propriétaire du magazine était intervenu pour tenter d'empêcher la parution des caricatures de Mahomet. En vain.

L'ancien directeur de la rédaction de L'Express, Denis Jeambar, a raconté, mercredi 7 février, que Serge Dassault, alors propriétaire de l'hebdomadaire, avait tenté d'empêcher la publication des caricatures de Mahomet dans le magazine, en février 2006.

Denis Jeambar a fait ce récit devant la 17ème chambre du tribunal correctionnel de Paris, qui juge depuis mercredi l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo pour avoir publié, lui aussi, des caricatures de Mahomet.

"Un mardi, vers 21h40, j'ai été contacté par un actionnaire", raconte Denis Jeambar, repris dans Libération du jeudi 8 février. "Il m'a demandé : 'Allez-vous publier les caricatures ?' Je lui ai répondu : 'Naturellement.' 'Il faut arrêter tout ça', m'a-t-il dit. Je lui ai indiqué qu'il aurait à en assumer les conséquences : ma démission et les pertes entraînées par la non-parution du journal."

Chirac en Arabie Saoudite

A la demande d'un avocat, Denis Jeambar révèle l'identité de cet actionnaire: "M. Serge Dassault." "La conversation a continué sur le fait que le président de la République, Jacques Chirac, devait se rendre en Arabie Saoudite quinze jours plus tard", poursuit Denis Jeambar. "J'ai rappelé à Serge Dassault ce que je lui avais dit lorsqu'il avait acheté L'Express : 'Les journaux, ce ne sont que des emmerdements'."

Et L'Express, ne cédant pas, a publié les 12 caricatures de Mahomet.


Source : Nouvel Observateur du 8 février 2007

Posté par charliehebdo à 18:04 - Retour sur l'affaire des caricatures - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Tariq Ramadan : "le droit à la critique doit être protégé"

tariqramadan_hurlant"Le problème n'est pas la critique, mais parfois (…) les limites que l'on devrait respecter", déclare l'universitaire, invité des forums de nouvelobs.com, au sujet du procès intenté à Charlie Hebdo pour la publication de caricatures de Mahomet.

Tariq Ramadan, professeur d’islamologie (notamment à Londres) était l'invité des forums de nouvelobs.com le jeudi 8 février. Il a répondu aux questions des internautes sur le procès intenté à Charlie Hebdo pour la publication de caricatures de Mahomet.

Le droit à critiquer une religion "doit exister et être protégé", a répondu Tariq Ramadan sur nouvelobs.com. "Les religions et les fidèles de ces religions doivent l'accepter et vivre avec. Le problème n'est pas la critique, mais parfois les façons de mener ces critiques et les limites que l'on devrait respecter. Il faut éviter le racisme, et parfois la vulgarité. Encore une fois, on a le droit, ce n'est pas illégal, d´être vulgaire et grossier... Ce n'est pas forcement intelligent et productif."

"Un acte citoyen"

"On peut être d'accord ou non avec le procès, mais c'est un acte de citoyen qui dénonce ce qu'il considère être un acte confinant au racisme. Je ne suis pas d´accord, mais je reconnais le bien fonde légal de la démarche", poursuit Tariq Ramadan, universitaire controversé accusé par certains intellectuels de tenir un double langage en prônant l'islamisme.

Tariq Ramadan a également souligné la "grande confusion" qui règne avec le procès fait à Charlie Hebdo, et notamment pour ce qui est de la séparation des pouvoirs : "Une justice sous pression médiatique, avec un ministre de l´Intérieur et des Cultes, qui intervient et donne son avis avant la conclusion des délibérés : tout cela est une menace pour la démocratie", a lancé l'universitaire, pour qui "Charlie Hebdo a déjà gagné ce procès sur le plan médiatique, symbolique et... financier."

"L´intégration religieuse est déjà acquise"

Alors qu'un internaute lui demandait si "les personnes qui insultent le plus votre religion sont ceux qui font le mal au nom d'Allah", et non pas les caricaturistes, Tariq Ramadan a répondu :"Je pense en effet que ceux qui font le plus de mal à l'islam aujourd´hui... c´est nous, les musulmans".

Interrogé sur la place de l'islam en France et sur l'articulation entre islam et laïcité, l'universitaire a souligné que "des millions de musulmanes et de musulmans vous prouvent tous les jours qu'ils vivent bien dans les sociétés sécularisées et en France. L´intégration religieuse et culturelle est déjà acquise. (…) Le problème aujourd´hui est social : égalité de traitements, emploi, habitat et réalité du racisme structurel qui gangrène la France. Il faut regarder ces problèmes en face et ne pas les ethniciser ou les islamiser."


Source : Nouvel Observateur du 8 février 2007


Lire l'article de Caroline Fourest sur ProChoix «Tariq Ramadan au FSE d'Athènes : le bide du conseiller islamiste de Blair».

Caroline Fourest y analyse les prises de positions de Tariq Ramadan à propos de la liberté d'expression suite à l'intervention de ce dernier au cours d'un débat intitulé « Contre l’islamophobie et le choc des civilisations : le cas des dessins danois ».

Posté par charliehebdo à 17:58 - Ils sont contre Charlie Hebdo - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Face à «Charlie», la Mosquée sur la défensive

Vendredi, elle justifiait sa plainte à quelques jours du procès des caricatures.

Par Catherine COROLLER

charlie_hebdo_petitEn poursuivant Charlie Hebdo pour avoir publié en février 2006 des caricatures du prophète Mahomet, la Mosquée de Paris prenait un risque. Celui de passer pour un adversaire de la liberté d'expression. A quelques jours du procès, les 7 et 8 février à Paris, Dalil Boubakeur, son recteur, s'est appliqué vendredi à justifier cette action. «La position de la Grande Mosquée de Paris ne relève en aucun cas de l'intégrisme», a-t-il affirmé, ajoutant qu'il n'est «évidemment pas hostile à la liberté de la presse et à la liberté d'expression», et «nullement pour le rétablissement de la censure».

Preuve de sa bonne foi, la Mosquée de Paris n'attaque pas les dix caricatures publiées par l'hebdomadaire, mais deux seulement. Celle montrant Mahomet coiffé d'un turban en forme de bombe, et celle le représentant bras ouverts sur un nuage, accueillant des terroristes venant de se faire exploser, par ces mots : «Stop ! Stop ! We ran out of virgins !» («Arrêtez ! Arrêtez ! Nous sommes à court de vierges !») «Nous admettons que l'on puisse caricaturer le Prophète, ça n'est pas ça qui est en cause, mais nous refusons cette agression raciste contre les musulmans», explique Francis Szpiner, l'avocat de la Mosquée. «Représenter Mahomet coiffé d'une bombe c'est dire à tous les musulmans et pas seulement aux intégristes : "Vous adorez un prophète vecteur d'attentats, de mort, de destruction, donc vous adorez la violence"», ajoute Boubakeur. Outre ces deux caricatures, publiées à l'origine par le journal danois Jyllands Posten, la plainte de la Mosquée de Paris en vise une troisième, oeuvre de Cabu, parue en une de Charlie Hebdo avec la légende «C'est dur d'être aimé par des cons». Egalement parties civiles dans cette affaire, l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) et la Ligue islamique mondiale.

Dans le camp de Charlie Hebdo, on entend faire de ce procès celui de la «liberté et de la laïcité». Richard Malka, avocat du journal, a prévu de faire citer treize témoins dont François Bayrou, François Hollande, la philosophe Elisabeth Badinter, Dominique Sopo, président de SOS Racisme, le réalisateur Claude Lanzmann, et Taslima Nasreen, écrivain originaire du Bangladesh, qui a fui son pays après avoir été l'objet de menaces des islamistes.


Source : Libération du 8 février

Posté par charliehebdo à 12:27 - Les plaignants : la Mosquée de Paris - Rétroliens [0] - Permalien [#]

L'islam officiel se sent trahi par Sarkozy

Les associations musulmanes condamnent un soutien à «Charlie» qu'elles jugent politique.

Par Catherine COROLLER

pval_procesNicolas Sarkozy, qui s'est toujours posé en défenseur des valeurs religieuses, a-t-il opéré un virage à 180 degrés en direction des laïcs purs et durs ? Son «clair» soutien, par une lettre adressée à Charlie Hebdo hier à l'ouverture du procès intenté par la Mosquée de Paris et l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) à cet hebdomadaire, a fait l'effet d'une bombe. Et a été vécu comme un lâchage par les associations musulmanes. Hier soir, le bureau du Conseil français du culte musulman (CFCM), auquel appartiennent les deux organisations plaignantes, s'est réuni en urgence pour répondre aux propos du ministre. Pendant la journée, certains de ses membres avaient brandi la menace d'une démission collective. Le ministère de l'Intérieur s'est activé en coulisse, et les responsables musulmans se sont cantonnés à une «dénonciation de l'instrumentalisation de cette affaire par les chefs des partis politiques».

«Préjugés» sur TF1. Reste que le choc produit par la prise de position de Sarkozy en faveur de la «satire» et de la «dérision» a été violent : «Je suis très déçu, déclarait Abdallah Zekri, président de la fédération régionale du Sud-Ouest de la Mosquée de Paris. En tant que ministre de l'Intérieur, Monsieur Sarkozy a un devoir de réserve. Il ne peut pas prendre position pour une partie.» Sauf que, justement, Sarkozy n'a pas fait cette déclaration en tant que ministre de l'Intérieur, mais en tant que candidat à la présidentielle. L'en-tête de sa lettre envoyée à Philippe Val, directeur de la rédaction de Charlie Hebdo, affiche le slogan de campagne de Sarkozy : «Ensemble, tout devient possible».

Dans la prise de position du candidat de l'UMP, Fouad Alaoui, secrétaire général de l'UOIF, voit d'ailleurs un acte politique : «L'électorat musulman ne compte pas de manière significative dans sa campagne.» Et sa lettre de soutien à Charlie, comme ses propos tenus lundi soir sur TF1, attestent aux yeux de Fouad Alaoui du désintérêt du candidat pour les musulmans : «A la télévision, il a répété les préjugés habituels : la polygamie, l'excision, le mouton qu'on égorge dans son appartement...»

Sarkozy a-t-il sacrifié l'électorat musulman à ses ambitions présidentielles ? Lors de son bilan de ministre de l'Intérieur, en janvier, il a curieusement passé sous silence l'existence du CFCM, qu'il a pourtant largement contribué à créer. En déplacement hier à Toulon, le ministre a explicité son soutien à Charlie Hebdo : «Je suis l'un des responsables politiques qui a été le plus souvent et le plus durement caricaturé sur tous les sujets, y compris sur mon physique.» Et, tout en assurant comprendre «que les musulmans puissent être choqués» par les caricatures publiées par l'hebdomadaire, il a déclaré ne pas être «favorable à toute forme de censure».

Doubler Chirac. Que cherche Sarkozy avec cette spectaculaire prise de position ? Pour Franck Frégosi, chercheur au CNRS qui travaille sur la place de l'islam dans les programmes des candidats à l'élection présidentielle, le ministre a voulu concurrencer Chirac et Villepin, qui ont condamné la parution des caricatures. Mais Sarkozy aurait voulu également doubler la gauche sur son terrain favori : le combat pour la laïcité. Les instances musulmanes lui ont fait un cadeau : à quelques semaines de la présidentielle, une démission en bloc du CFCM aurait fait mauvais genre.


Source : Libération du 8 février

Posté par charliehebdo à 12:25 - Le CFCM contre Charlie Hebdo - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Première journée d'audience très politique

Poursuivi pour la publication des caricatures de Mahomet, l'hebdomadaire a reçu mercredi le soutien de Nicolas Sarkozy et de François Hollande. Le CFCM déplore "la politisation d'une affaire judiciaire".

La première journée du procès de Charlie Hebdo, a tourné, mercredi 7 janvier, au sur la liberté d'expression et le respect des croyances. L'hebdomadaire satirique est poursuivi devant la 17ème chambre du tribunal correctionnel de Paris pour avoir publié des caricatures de Mahomet.

Le premier jour du procès a été marqué par le soutien de Nicolas Sarkozy à Charlie Hebdo.

Le ministre de l'Intérieur et des Cultes, candidat UMP à la présidentielle, a pris le parti de la liberté d'expression. De manière inattendue, il a salué la démarque de l'hebdomadaire, qui s'inscrit, selon lui, "dans une vieille tradition française, celle de la satire".

"Je préfère l'excès de caricature à l'absence de caricature", a déclaré Nicolas Sarkozy, dans un courrier lu à l'audience par Me Georges Kiejman, l'un des avocats de Charlie Hebdo.

Le CFCM "déplore la politisation d'une affaire judiciaire"

La lettre du ministre a rapidement trouvé un écho hors de l'enceinte du palais de justice: le Conseil français du culte musulman (CFCM) a décidé d'organiser aussitôt une réunion "exceptionnelle".
"Le Bureau exécutif du CFCM déplore la politisation d'une affaire judiciaire tendant à dénoncer (...) un acte de provocation créant l'amalgame entre terrorisme et islam", a déclaré Dalil Boubakeur, président du CFCM et recteur de la mosquée de Paris, lisant le texte adopté lors de la réunion. Le CFCM "souhaite une plus grande retenue pour laisser dans son contexte propre une plainte qui vise deux caricatures injuriant les musulmans", a-t-il ajouté.
Selon l'entourage de Dalil Boubakeur, une "démission en bloc du CFCM" était en jeu.

Dalil Boubakeur a en outre indiqué que son choix s'inscrivait dans "une démarche d'apaisement, de paix". Il a souligné que la lettre de Nicolas Sarkozy émanait du candidat UMP, et non du ministre des Cultes.

"Ce procès n'aurait pas dû avoir lieu"

A l'audience, peu avant la lecture du courrier de Nicolas Sarkozy, s'est déroulé l'interrogatoire de Philippe Val, le directeur de publication de Charlie Hebdo. Dans une salle comble et qui lui était globalement acquise, il a plaidé longuement pour le droit de "critiquer la religion en tant qu'idéologie".

Au cours de l'après-midi, les débats se sont poursuivis avec l'intervention d'une partie des treize témoins cités par la défense. Parmi eux, le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande: "Ce procès n'aurait pas dû avoir lieu. Il valait mieux un bon débat plutôt qu'un mauvais procès", a-t-il déclaré.

"Je ne vous dénie pas le droit de faire ce procès", a lancé François Hollande à la Grande Mosquée de Paris et à l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), parties civiles. "Mais, quelle que soit la décision qui sera prise par ce tribunal, je ne pense pas que vous ayez fait progresser la cause que vous défendez".
"Je me réjouis qu'à l'occasion de ce procès, des hommes et des femmes viennent dire qu'ils défendent la liberté d'expression", a poursuivi François Hollande, en référence au message de Nicolas Sarkozy, tout en ajoutant: "Mieux vaut tard que jamais".

"La clé de la liberté d'expression"

Parmi les témoins cités par la défense, figurait aussi Fleming Rose, le rédacteur en chef des pages culturelles de journal danois Jyllands-Posten qui avait, le premier, publié les caricatures. Il a déclaré que "le droit de critiquer n'importe quelle idéologie religieuse ou politique (était) la clé de la liberté d'expression".

L'audience devait se poursuivre, mercredi soir et jeudi, par l'audition de nouveaux témoins de la défense, et notamment de François Bayrou, candidat UDF à la présidentielle. Le jugement est attendu dans plusieurs semaines.


Source : Nouvel Observateur du 8 février 2007

Posté par charliehebdo à 08:50 - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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